{"product_id":"fracasse","title":"Fracasse","description":"Il n’y a qu’au théâtre qu’on pleure sans raison autre que celle de pleurer au\nthéâtre, et « mieux » même que « dans la réalité ». Les pleurs de l’actrice\nsont, disons-le pour aller vite, les pleurs d’un spectre en elle (en nous), et\nnon ceux d’une femme qui en imiterait une autre.\n\nJ’ai laissé le plaisir, et l’effort, chaque fois récompensé par de nouvelles\nsurprises, de seulement lire et relire Le Capitaine Fracasse pour un texte, plus\naventureux, plus solitaire, plus acide aussi sans doute, d’écrire moi-même en\nses trames et ses marges !…\n\nEt j’ai voulu, infidèle, que le spectre qui lentement se profilait dans l’encre\net la brume, et qui, visible enfin, se présentait presque tout entier cousu,\ncomme au théâtre, d’étranges dialogues, gardât mémoire, et célébrât, comme par\nune manière de politesse, quelque chose de ce qu’il devait à ce qui donc l’avait\npermis : quelque chose, précisément, de l’histoire du théâtre, d’une certaine\nhistoire du théâtre. Celle, par leur art, qu’ont « écrite sur le sable », comme\ndisait le metteur en scène Antoine Vitez, les plus grands acteurs français\ndepuis le XVIIe siècle. Et c’est ainsi que la troupe de comédiens du roman a\ntourné, ici, à l’Association de spectres…\n\nJ’ai voulu aussi – surtout – qu’on entendît, avec la fiction – sous elle,\nderrière elle, et peut-être en elle – quelque chose qu’on pourrait dire une\nphilosophie du théâtre. Qui n’est, je le crains, que la mienne, et bien loin,\nsans doute, d’être aujourd’hui majoritaire…\n\nPire : deux fois infidèle, j’ai écrit en me laissant séduire, dès qu’elles se\nmettaient à chanter à mes oreilles, c’est-à-dire souvent, par d’aussi brèves\nqu’irrésistibles réminiscences d’autres chefs-d'œuvre : depuis les fictions de\nShakespeare l’incontournable – qui m’a ici tenu la main pour deux scènes au\nmoins – à celles d’Hélène Cixous – que je lis et relis depuis si longtemps déjà\n–, en passant par, que sais-je, les textes de Racine, Artaud, Montaigne,\nBaudelaire, Claudel, Proust, Aragon, Verlaine, Rimbaud ou Borges… De tous ces\ntextes, les traces, certes, ne sont plus ici, elles aussi, que spectrales, et\npresque toujours maquillées ou gauchies, mais un lecteur ludique, amoureux – et\nobstiné – parviendrait sans doute, à de certaines lumières, à en faire chatoyer\nles formes et les reflets…\nD. M.\n","brand":"FUROR","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":46490438041936,"sku":"9782940601141","price":18.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0731\/2202\/1712\/files\/p6gw0fhyJhfxGKGVaSr2pkR-8tiDMj58bV48Tw_RkizDWVrRIIBdsg-cover-large.jpg?v=1768894464","url":"https:\/\/www.librairie-theatrale.com\/products\/fracasse","provider":"Librairie Théâtrale","version":"1.0","type":"link"}