Annie Bettie Etcetera

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Méfiez-vous des jeunes filles au pair ! Annie, mère à 35 ans, reprend son boulot, avec l’aide des filles au pair, chacune plus déroutante que l’autre. Bettie, 18 ans, s’envole à Paris, et se jette avec frénésie dans l’univers des “Annies”. Bien d’autres personnages féminins, de tous âges, de toutes origines et de toutes conditions, leur succèdent. “On rit de bonne cœur” (France Soir

ANNIE BETTIE ET CETERA

 

de ALAN ROSSETT

 

Creation au Théâtre Essalon de Paris dans une mise en scene de l’auteur, avec Dominique HOLLIER et Bernadette ONFROY.

Aide a la creation du Ministère de Ia Culture

 

Reprise au Festival off d’Avignon, avec Marie VINCENT (Annie) et Christine CHEVREUX (Bettie).

 

Avec deux comédiennes :
La Première Star joue:  Annie Mémé Maryse Maman Alice


La Deuxième Star, joue: Bettie Beryl  Boglinde

 

Ou avec plusieurs comédiennes, (maximum 8).


La piece, qul se passe dans des lieux différents, n ‘exige pas de decor.


J’aimerais assez l’idée d’un ensemble fait de cubes agrandis de jeux d’enfant que l’on pourrait combiner de facon inattendue...

 

 

ACTE 1

Scène 1

 (Annie, la bonne trentaine. Bettie, une jeune fille.)

ANNIE, au public. — ... Mais je n’ai rien fait de très méchant. Hem ? Bon d’accord, j’ai commis quelques petites erreurs ! Enfin, des grandes erreurs ! Que des erreurs  Un exemple: Cela aurait été plus correct si j’avais été chercher Bettie à la gare. Mais comme elle m’a répondu au téléphone:

BETTIE, « au téléphone »— J’ai des grands pieds, moi !  Et je saurai m’en servir !... Donne-moi des précisions et je dégoterai la maison. On se tutoie, non ? J’sais, on s’connaît pas mais j’suis pas prétentieuse, moi !

ANNIE, au public. — C’est vrai. Si elle n’arrive pas a dénicher une maison grande comme la nôtre, située au bord de l’eau — elle est cruche, cette gonzesse : pas question de l’engager comme fille au auprès de mon fils unique !

   (A BETTIE) Très bien, Bettie : Alors toi, tu descends première rue à droite... Tu tournes a gauche, puis à gauche, et puis tu tournes, tu tournes et puis, et puis...

 

BETTIE, —  s’installant, désinvolte. — J’suis Bettie.

ANNIE,  — Et moi, Annie !... Mettez-vous à l’aise !

 

BETTIE, — J’suis pas ma! à l’aise.

ANNIE,  — Ah moi si !... Enfin, j’ai pas encore pris l’habitude de jouer la patronne !

la matronne !...  Bon, mon problème le voilà : Avant mon mariage, je vivais à Paris. j’y travaillais... comme tout le monde... petite secrétaire, puis secrétaire de direction... Par hasard je suis tombée dans une boîte qui s’occupait de films…

BETTIE,  — Oh ! Tu connais des stars !?

ANNIE, — Non que des machines ! Nous faisons des films « industriels >... mais c’était marrant, peu à peu ma position  s’est améliorée, bref, je suis devenue le bras droit du patron. Et puis un beau jour est apparu sur notre paillasson un certain Monsieur Richard.  Il est venu pour nous commander un reportage sur sa nouvelle ligne de tondeuses électriques ! Il m’a eue, ce type, avec sa tondeuse ! Enfin, je l’ai épousé. Et c’était... merveilleux ! Les difficultés ont commencé du jour où on a quitté Paris... pour s’installer dans cette maison...

 

BETTIE, — Et que c’est beau ! Vivre au bord de l’eau !

ANNIE, — Au « bord », tu dis? J’appelle cette baraque « le bassin » ! Ah, la remettre en ordre — en même temps aller bosser a Paris — et déjà j’étais enceinte. Bon, a trente ans — et quelques— il faut le faire — et vite — sinon plus la peine ! Et lorsque l’enfant est apparu ! Pour de vrai !... Ah !... Norbert ! «  Nounours » ! Ah !... Mais ça prend du temps, et je me suis même pas coupé le cordon ombilical qui me liait à Eric... mon patron ? De la petite boîte de films ? II dévore mes journées avec ses coups de fil ! « C’est Eric. Ton avis, Annie, juste un petit avis! » Je me lève à cinq heures du matin, je malaxe le plâtre, je fais bouffer Nounours, je réchauffe le café de Richard, je réponds au téléphone, « C’est Eric! Ton avis ? » Ah quel mocheté, celui-là!  En plus toutes les promesses lui sont permises - augmentations, titres mirifiques
— pour me faire retourner de neuf a six, pointer chez lui. Ca, c’est carrément impossible. Mais j’ai pensé que si j’engageais une jeune fille...

BETTIE, — Comme moi !...


ANNIE. — Je t’hébergerais ! Je te paierais un mi-temps convenable... Et si je m’en allais à Paris, disons, un jour par semaine? Je rapporterais de la paperasse ici... Les matins, j’irais bosser en haut, tranquillement, tandis que toi...

BETTIE, — Je ferais le ménage ? On m’a dit qu’en général, on demande à une fille au pair de faire le ménage. Et il faut que je refuse...

 

ANNIE, — Mais non écoute. Je suis absolument pas du genre à abuser de la situation ! Tu es là pour mon fils et pour rien d’autre ! Crois-moi, garder un enfant, c’est déjà tout un programme! Oh là!

 

BETTIE, — vaguement — Oh là...


ANNIE, — un peu inquiète. — Tu supportes les enfants, Bettie?

 

BETTIE, — pataugeant. — ... Supporter ?... Les enfants pour moi... Euh... M’occuper d’un enfant... c’est la preuve — indiscutable — que j’n’suis plus une mioche,moi-même ! (Suçant presque le pouce.) Et ça c’est capital? Hein? Entre nous, pour mes parents je serai toujours leur fi-fille ! Ce qui est normal remarque, et aberrant, sinon contradictoire, vu qu’ils commencent a se désespérer au sujet de ma vie d’adulte. Et juste parce que j’ai plaque l’école à dix-sept ans ? Normal, ce sont les gens que je voulais rencontrer, les gens ! comme, comme... euh... comme toi, par exemple ! Mais eux ! Tout le temps!  « Bettie, il faut t’équiper pour la vie. « Bettie! Bettie » Conclusion: que je trouve du travail, plutôt que de me coller a la maison toute la journée à écouter mes cassettes funky ! Alors, un soir, au dîner, je les ai informés que j’avais trouvé du travail — à Paris ! Paris !...  Quand ils ont eu fini de pousser des cris je leur ai simplement fait savoir que j’avais pris mes précautions... en écrivant a Rosy, ma meilleure copine de lycée qui s’est déjà installée dans la capital…Et comme elle a parlé a une copine qui a un client qui fréquente une nana qui travaille avec un mec marié... avec toi, je commence quand, tout de suite ?

ANNIE, — ... Attends... C’est pas Rosy, ta référence?

BETTIE, — Si.

ANNIE, — Mais... Mais... cette Rosy, je ne la connais absolument pas.

BETTIE, — Rassure-toi: moi je la connais bien, c’est une brave fille ! Je commence demain?

ANNIE, amusée. — Tu fonces, ma petite ! J’aime ça ! Oôôôh-kay ! Pourquoi pas ! A notre association !

BETTIE, — ... A la bonne affaire... que tu viens de faire ! Car les enfants m’adorent !... J’sais pas pourquoi, d’ailleurs, je ne leur invente pas des trucs gnan-gnan, mais dès que j’approche un morveux, il rit ! Jusqu’aux larmes ! J’sais pas pourquoi.

ANNIE, — Ah ! Le mien est très difficile. On va tester ça, dès qu’il se réveillera — le Nounours !

 

    (Haut-parleur: cacophonie !)

 

ANNIE, traumatisée. — Il se réveille !

 

(Annie se précipite dans la chambre d’enfant ; Bettie regarde, off.)


ANNIE, off — Mais non mais non, petit bonhomme, mais non, crapule comme tu es, (Chantonnant)  tu-es, tu-es...

BETTIE, regardant — Oh, il est mignon, celui-là ! Bonjour, toi !

(Haut-parleur: rires d’enfant !)

 

(Modestement) Tu vois : lui aussi se fout de ma gueule !

 

     (Le téléphone sonne ; Bettie le prend immédiatement)


BETTIE, — Pas question, Eric ! Elle est occupée !  (Appelant) C’est ce con d’Eric !

ANNIE, — Ouille! ! Bettie, tu peux prendre Nou-Nou un moment...

BETTIE, —...

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