La croisade héroïque

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Pendant la première croisade, un baron doit se rendre à Jérusalem pour délivrer le Saint Sépulcre. N’ayant pas la moindre intention d’aller guerroyer contre des innocents, ce baron s’arrange donc, en accord avec l’évêché, pour faire autant de fois le tour de son château qu’il y a de kilomètres pour aller à Jérusalem.
Accord qui lui permet de faire une croisade symbolique mais aussi (et surtout!) de ne pas payer ces multiples hypothèques, l’église remettant les dettes des croisés. Une fois la dérogation obtenue, il part, avec son fidèle serviteur à l’aventure… autour du château où ils entreprennent un voyage imaginaire, s’inventant une chronique théâtralisée pleine d’humour et de rencontres singulières… et poursuivis par le terrible usurier Lagatsi …

La croisade Héroïque…

 

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Le baron Nicomède de Calatrava est allongé dans son lit. Le frère Blasco le sermonne.

 

 

Le frère Blasco : Est déjà parti Hugues de Vermondois, frère du roi de France. Il a passé le canal de Trente pour être à Constantinople en octobre. Godefroi de Bouillon, duc de lorraine est parti et sera sur le Bosphore à noël. Sont également parti Boémont d’Actavila prince de Tarente, Raymond de Saint Gilles Comte de Toulouse avec le légat pontifical Adémar évêque Dupuis, sont parti Robert comte de Flandres, Robert Duc de Normandie, Stéphane, Comte de Blois…et vous dormez.

 

Baron : J’essaie de dormir.

 

Le frère Blasco : Toute l’Europe Chrétienne est en ferment !

 

Baron : La fermentation est le premier stade de la putréfaction.

 

Le frère Blasco : Nous devons libérer le Saint Sépulcre, c’est ça le but de notre croisade.

 

Baron : Ah, Libérez le donc vous-même et ne comptez pas sur moi, personne ne me tirera de mon lit pour si peu.

 

Le frère Blasco : Vous y serez contraint très bientôt Baron de Calatrava. Les créanciers emporteront tout, le château et même le lit.

 

Baron : Je ne suis pas attaché aux choses d’ici bas. Nous ne sommes que de passage Blasco, vous ne le savez pas ?

 

Blasco prit en latin

 

Baron : Blasco, peut-on savoir ce que vous êtes en train de faire ?

 

Le frère Blasco : Je prie le seigneur afin qu’il m’aide à toucher votre âme insensible.

 

Baron : Mon âme est une combinaison d’atome. Si vous aviez lu Démocrite comme moi…

 

Le frère Blasco : Et à votre sœur, vous n’y pensez pas ?

 

Baron : Difficile de l’ignorer, ne pensez-vous pas ?

 

Le frère Blasco : Votre sœur à une foi débordante.

 

Baron : Hum…Ma sœur aspire en ce moment à devenir Sainte, ça lui passera.

 

Le frère Blasco : Vous savez que l’église intervient non seulement in Spiritualibus en concédant l’indulgence plénière, mais aussi in Temporalibus avec la remise des dettes des croisés qui empoignent l’épée au nom du Christ.

 

Baron : Le baron Nicomède de Calatrava n’empoignera pas l’épée et ne versera pas une goutte de sang, ni le sien, ni celui d’autrui et au nom de personne et encore moins pour conquérir le St Sépulcre… Allons donc, se battre pour un tombeau, quelle idée macabre.

 

Le frère Blasco : Les dettes sont remises à ceux qui arrivent à Jérusalem…même sans combattre.

 

La sœur, Marguerite arrive une quenouille à la main.

 

Marguerite : La honte s’est abattu sur notre famille, regarde, regarde ce que l’on a apporté ! La quenouille et le fuseau…comme à une femmelette !

 

Baron : Je n’avais jamais touché un fuseau de mes mains.

 

Marguerite : Tu n’as pas honte !

 

Baron : Oh non, je n’ai pas honte, au contraire, j’ai beaucoup de considération pour ses femmelettes qui savent filer, sans elle comment ferait-on pour s’habiller ?

 

Marguerite : Ah non, non, je ne survivrai pas à la honte. Je vais me jeter par la fenêtre ! (Elle s’approche d’une fenêtre pour sauter, le frère Blasco l’a retient) Laissez moi, laissez-moi, ne me touchez pas…(Bas) ou alors faites ça mieux.

 

Le frère Blasco : (A la sœur qu’il retient) Calmez-vous, je vous en prie.

 

Marguerite : (En sortant, presque hystérique) Nous sommes déshonorés, je ne le supporterai jamais…jamais !!!!

 

Le frère Blasco : (Malicieux) Dette remise et….sœur acquise.

 

 

Noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une cahute, Raimondo un serf prépare ses maigres affaires pour un long voyage. Lyse l’observe, mélancolique. Elle est jeunette, mignonne et vive. Elle a le béguin pour Raimondo.  Lui est un gaillard massif, simple, taiseux. 

 

 

Lyse : (Triste) Tu t’en vas ?

 

Raimondo : (Finissant son baluchon) Je pars avec mon seigneur.

 

Lyse : Tiens. (Elle lui tend un vêtement, il le prend et le met dans son baluchon en silence)

Vous partirez longtemps ?

 

Raimondo : Oui.

 

Lyse : Longtemps…comme ?

 

Raimondo : Comme le temps qu’il te faudra pour te trouver un bon époux et lui faire de beaux enfants.

 

Lyse : Ou alors longtemps comme le temps qu’il me faudra pour attendre mon bon époux et lui faire de beaux enfants.

 

Raimondo : Lyse !

 

Lyse (un peu mutine)  Je suis maitresse de mon temps, aussi long soit-il.

 

Raimondo : Tu le perds.

 

Lyse : Je l’économise pour le dépenser avec le meilleur des hommes.

 

Raimondo : Tu te fais une haute opinion de moi.

 

Lyse : C’est que tu n’y connais rien en homme… (Coquette) en femme non plus d’ailleurs.

 

Raimondo : Peut-être que nous ne reviendrons jamais.

 

Lyse : (Soudain inquiète) Si vous reviendrez !

 

Raimondo : Comment le sais-tu ?

 

Lyse : Parce que je t’attends, (regard tendre) tu ne me laisseras pas ?

 

Raimondo : (Un peu désarçonné) Mais… nous pouvons être tué.

 

Lyse : (Vive) Non !

 

Raimondo : Ça peut arriver, maladie, fièvre, escarmouche, accident…

 

Lyse : Je prierai tous les jours !

 

Raimondo : Ah ?

 

Lyse : Même plusieurs fois par jours ! Et ma mère aussi priera !

 

Raimondo : (Conciliant) Bon. (Un temps, puis un peu amusé) Tu es sûr que ta mère…

 

Lyse : (Catégorique) Elle priera !

Et quand je serai triste, je te parlerai. Je te parlerai souvent tu sais, pas parce que je serai toujours triste, non, ce serai trop triste d’être triste, mais parque j’aime bien te parler. Et comme toi tu es un taiseux, tu m’entendras. Même dans le silence des lointains déserts tu m’entendras.

 

Raimondo : Oui.

 

Lyse : Tu m’entendras parce que tu es un  taiseux et aussi…parce que tu m’aimes d’amour !

 

Raimondo : Lyse !

 

Lyse : (Qui ne l’écoute pas) Tu m’entendras te parler de Jeannot qui fait toujours des bêtises, des cancans du village, de la rigueur de l’hiver, des balades que je ferai avec les chiens, prétexte pour être seule avec toi. Parfois je m’agacerai oui, je dirai que Berthe est aussi grosse que méchante et qu’en été aucun garçon ne veut plus l’approcher car elle sent trop mauvais !

 

Raimondo : Je dois partir.

 

Lyse : (S’approchant de Raimondo, très tendre) Au revoir.

 

Raimondo : (Sec) Adieu Lyse.

 

 

 

Noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Bénédiction avant le grand départ :

 

 

Le Baron est agenouillé, devant lui le Frère Blasco le bénit, il y a dans la même salle Raimondo, le serviteur du Baron, qui prépare les affaires.

 

 

 

Le frère Blasco : (Au baron agenouillé) Que Dieu te conduise au salue du corps et de l’âme sur la route du St Sépulcre. Que Dieu guide ton pied et ta main sur la route du St Sépulcre. Que Dieu te guide sur mer et sur terre sur la route du St Sépulcre. Que Dieu te rende digne de porter le signe de la Croix sur la route du St Sépulcre. Que Dieu fasse de toi un soldat pour défendre la Pax Christiana sur la route du St Sépulcre. Que Dieu accueil ton âme au ciel en cas de mort sur la route du St Sépulcre. Que Dieu te permette d’arriver à la terra promisionis. Dieu omnipotent soit loué.

Ego bénédicovos in nominé patrie es fili es piritu santus. Amen.

 

La sœur arrive

 

Marguerite : Je t’en prie frère, rempli cette fiole avec l’eau du Jourdain et ce coffret avec la terre sainte de Palestine.

 

Le frère Blasco à Raimondo

 

Le frère Blasco : (Entre Raimondo) Ah, te voilà toi, tiens, mets-toi à genoux. (Rapide) Ego bénédicovos in nominé patrie es fili es piritu santus. Amen.

 

Raimondo : Amen.

 

 

Raimondo et le Baron Nicomède de Calatrava partent.

 

 

Le frère Blasco cri : (Aux baron et à Raimondo) Deus Vult !

 

Raimondo : (Se retourne et cri au loin à Blasco)  Deus Vult !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route, Raimondo et le Baron.

 

 

Baron : Dieu veut quoi ?

 

Raimondo : Dieu ? Je ne comprends pas messire.

 

Baron : Tu as crié Deus Vult, Dieu le veut, alors je te demande : que veut Dieu ?

 

Raimondo : Je ne sais pas messire.

 

Baron : Tu ne sais pas ? Beugler si fort pour savoir si peu… Drôle d’animal !

 

Raimondo : Je ne fais que répéter…

 

Baron : Ce que tout le monde dit ?

 

Raimondo : Oui

 

Baron : Et que personne ne comprend

 

Raimondo : Ben…heu…Je ne suis qu’un paysan

 

Baron : Alors convaincu d’être un idiot parmi les idiots, tu agis comme tel.

Conscience heureuse et satisfaction d’appartenir au troupeau. (Braillant ridicule) Deus vult !

 

Raimondo : C’est que… Puisque les autres le disent…

 

Baron : Il y en a bien un dans le lot qui doit savoir pourquoi ? Non ?

 

Raimondo : Oui, frère Blasco, l’évêque… vous ?

 

Baron : Moi ? Raimondo peut-être seras-tu surpris de l’apprendre,  mais Dieu ne m’a pas encore avisé de la moindre de ses volontés…

 

Raimondo : Alors les hommes d’églises…

 

Baron : Les hommes d’église ? M’ouais… s’ils croient sincèrement, la foi ne garanti pas la justesse de leurs propos ni de leurs jugements. Ce serait trop facile.

 

Raimondo : N’y a-t-il pas de certitude ?

 

Baron : Si ! La générosité, l’amour, la science… la beauté !

 

Raimondo : La beauté ?

 

Baron : La beauté, c’est peut-être même d’elle que découle toutes les autres merveilles. L’amour est beauté, la générosité l’est tout autant et la science n’est qu’un pâle reflet de sa splendeur. Si l’on recherche Dieu, il est là ! Comprends-tu ?

 

Raimondo : Bien messire. (S’apercevant que le chemin n’est pas le bon) Mais ou allons-nous messire ?

 

Baron : Tu sais où ce trouve Jérusalem ?

 

Raimondo : En terre sainte.

 

Baron : Et bien nous allons à Jérusalem, en terre sainte.

 

Raimondo : Mais… mais nous sommes en train de tourner autour du château.

 

Baron : La Jérusalem que nous allons visiter est imaginaire et bien plus belle encore que celle du Proche-Orient.

 

Raimondo : Je ne comprends

 

Baron : Nous allons nous y rendre sans faire le moindre dégât, sans devoir nous battre ou provoquer de pauvres gens.

 

Raimondo : Quoi ?

 

Baron : Jérusalem, nous voilà.

 

Raimondo : En tournant autour du château ???

 

Baron : Dans les faits, oui, indéniable, mais sur le plan spirituel non !

 

Raimondo : Mais ! On va à Jérusalem ou pas !

 

Baron : On y va…mais sans quitter le domaine

 

Raimondo : Quoi ?

 

Baron : Par la force de notre imagination … et de nos jambes aussi

 

Raimondo : Moi, je suis parti avec vous pour la croisade contre les infidèles, je suis parti en croyant que nous allions à Jérusalem. On ne plaisante pas avec la religion.

 

Baron : Je t’y emmène jeune intrépide. Tu pourras livrer autant de batailles qu’il te plaira et sans danger ni pour toi ni pour les autres.

 

Raimondo : Messire dites-moi ? Je ne saisis pas !

 

Baron : Soit ! Tu sais ce que c’est que des dettes ?

 

Raimondo : Oh, ça oui, hélas.

 

Baron : Hélas… en ce qui me concerne le mot correspond à l’objet. C'est-à-dire que si je ne paye pas mes dettes, on me prend le château.

 

Raimondo : Non ?

 

Baron : Tout baron que je suis. Tu sais peut-être qu’aux croisés l’église remet leurs dettes en assumant le devoir de désintéresser leurs créanciers.

 

Raimondo : Non ?

 

Baron : Si

 

Raimondo : Mais alors c’est une feinte pour ne pas payer ces dettes. La sainte croisade, la défense de la chrétienté, le saint Sépulcre !

 

Baron : Filouterie que tout cela. Mais j’ai négocié avec frère Blasco puis notre évêque.

 

Raimondo : Oui ?

 

Baron : J’ai établie un chemin dont la longueur est égale à celle de la route qui conduit à Jérusalem. Tout autour du château. A nous d’imaginer notre périple.

 

Raimondo : Ah ?

 

Baron : Tout à été établi, le parcours, le nombre de tours, tout ! Tu vois cet appentis, là-bas, au fond ?

 

Raimondo : Bien sûr que je le vois, c’est moi qui l’ai construit de mes propres mains, il y a trois ans.

 

Baron : Quand nous arriverons à cet appentis, nous aurons fait près de 2 000. Pour atteindre Jérusalem en même temps que les autres croisés partis du nord de l’Europe, il nous faudra faire plus de 20 000 par jours.

 

Raimondo : Ça veut dire que nous devrons tourner combien de fois autour du château ?

 

Baron : Tourner autour du château ? Je ne te comprends pas Raimondo. Tu veux dire combien de journée faudra-t-il pour atteindre Jérusalem si nous faisons 20 000 par jours?

 

Raimondo : Oui.

 

Baron : Il nous faudra plus d’un an, si tout va bien. La route est longue et pleine de danger.

 

Raimondo : Messire, mais si les journées de voyage sont les mêmes et que nous devions faire un aussi long chemin, est-ce que ce ne serait pas mieux d’y aller vraiment à Jérusalem ?

 

Baron : Ah non, non, non, ce ne serait pas mieux Raimondo, crois-moi. Aujourd’hui tout ce qui s’accomplie au nom de Dieu n’est que vanité et œuvre de tromperie et porte de ce fait le sceau de la violence et de l’oppression. C’est pourquoi, moi, je choisi de ne pas faire, je choisi la non action, la non participation, l’absence. C’est ma façon à moi de me battre contre l’ignorance et la cruauté de cette époque obtuse. Je me cache, je m’efface, je dis non. Tu as compris maintenant ?

 

Raimondo : Ben, j’ai compris que vous, vous pouviez dire non, mais un serf, qu’est-ce que peut faire un serf ? Il est né pour obéir, pour courber l’échine, pour dire toujours oui.

 

Baron : Et bien, révolte toi, qu’est-ce qui t’en empêche ?

 

Raimondo : Et non messire, je ne suis pas fou, je sais que si je me révolte, vous pouvez me punir et même je pourrais finir en enfer…non, non, non, moi j’obéis, moi je vous suis dans votre Jérusalem imaginaire, mieux même, je vais me mettre à courir, comme ça peut-être nous arriverons plus vite. (Raimondo court) A Jérusalem !

 

Baron : Raimondo !

 

 

Marguerite et Frère Blasco :

 

 

Blasco : Il a commencé le deuxième tour, nous savons maintenant que ses intentions sont honnêtes comme il convient à un gentilhomme. Pour le reste, fions nous à Dieu tout puissant afin qu’il sauve votre maison.

 

Marguerite : Et son âme d’hérétique. Je ne désespère pas de le voir se convertir. Le voyage est long et tellement de choses peuvent se passer.

 

Blasco : Une révélation comme pour Saint Paul.

 

Marguerite : Qui sait. Prions pour lui et pour sa sainte tache.

 

Blasco : Encore !

 

Marguerite : Blasco, il y va du salut de mon frère.

 

Blasco : Nous n’avons pas cessé depuis ce matin, une petite pause ?

 

Marguerite : (Obstinée) Il y va du salut de mon frère.

 

Blasco : (Bas, entre ses dents) J’ai froid

 

Marguerite : (Presque en extase) Moi aussi j’ai foi

 

Blasco : Non, j’ai dit j’ai froid… (Regard sévère de Marguerite)  mais j’ai foi aussi…ça n’empêche pas…j’ai foi et froid…Voilà.

 

Ils prient

 

 

Noir

 

 

 

 

 

Dans un bureau sombre, Un vieil Italien banquier Lagatsi est assis. Il lit nerveusement quelques documents. Soudain, il hurle le nom d’un de ses employés, entre Trouilleduc. Lagatsi parle un peu comme Don Corléone du Parrain.

 

Lagatsi : (Hurlant irascible dans son bureau) : Trouduc, Trouduc !!!

 

Trouilleduc : Entre, très déférant : (Rectifiant) Trouilleduc monsieur, je m’appel Trouilled….

 

Lagatsi (Très agacé): Blablabla. Tu t’appelles comme je t’appelle, c’est tout ! (Soudain grave) Trouduc, avance, tu vois ces petits papiers là, éparpillés de ci de là?

 

Trouilleduc : Oui.

 

Lagatsi : (A la Don Coléone) Chacun de ses petits papiers est un coup de poignard qui me perce la poitrine.

 

Trouilleduc : Non ?

 

Lagatsi : Si ! Celui-ci m’estropie, mutilant jusqu’aux plus petit de mes doigts de pieds, celui là m’éviscère les boyaux centimètre par centimètre répandant mes entrailles encore tout chaud et tout palpitants à même le sol, splash. Tiens et celui-ci, hum, ce petit bout de papier qui n’à l’air de rien, caché parmi ses semblables, le petit sournois ! C’est le pire, il m’écorche tout vif de haut en bas et me laisse tout nu, tout froid, tout sanguinolent ... Aaghgueu !

 

Trouilleduc : Ce ne sont que des papiers.

 

Lagatsi : (Vif) Des reconnaissances de dettes coglione ! Des reconnaissances de dettes !!!

 

Trouilleduc : Puisque les dettes sont reconnus…

 

Lagatsi : (Le regardant, stupéfait) Ma ! Tou le fais exprès ou quoi! Stronzo !

L’église, la sainte église, que je respecte et que je bénis de toute mon âme, église pour laquelle je serais près à tout sacrifier…tout, jusqu’à ta vie, si, et même toutes les vies des gens que je connais, si, et même ma vie à moi (mais là c’est en dernier recours !) cette église donc me perce le flanc en remettant les dettes des croisés qui se rendent à Jérusalem…Aaghgueu ! Ingrate église !

 

Trouilleduc : Et ?

 

Lagatsi : Quoi et ?

 

Trouilleduc : (Hésitant) Ben…comme vous vous êtes arrêté…mais si vous avez fini…

 

Lagatsi : (Regardant Trouilleduc comme un idiot congénital) Tou es mon dernier garçon de bureau n’est ce pas ?

 

Trouilleduc : Oui, les autres sont tous partis en mission.

 

Lagatsi : Ta dernière promotion remonte à ?

 

Trouilleduc : Ben, j’aurai dû en avoir une le mois dernier mais…je ne l’ai pas eu.

 

Lagatsi : (Faussement compatissant) Oh, c’est bien triste. Tou fais bien de me le dire.

 

Trouilleduc : Et l’année dernière non plus, je ne l’ai pas eu.

 

Lagatsi : Oh.

 

Trouilleduc : Et l’année d’avant non plus.

 

Lagatsi : Bon !  Sache, idiot que la sainte église annule les dettes des croisés qui partent guerroyer en terre sainte, mais ceux qui se trouvent encore en notre beau pays d’Italie sont toujours solvables, à nous de les débusquer avant qu’ils ne prennent le bateau pour les pays d’orient.

 

Trouilleduc : Ah ?

 

Lagatsi : Si, et le petit papier que je tiens là, dans mes mains…

 

Trouilleduc : Celui qui vous mutile les doigts de pieds ?

 

Lagatsi : Non.

 

Trouilleduc : Celui qui vous éviscère les boyaux.

 

Lagatsi : Non plus.

 

Trouilleduc : Ah c’est celui qui vous émascule !

 

Lagatsi : Ma ! Aucune papier n’est capable de me faire mal à ça! Stronzo!

 

Trouilleduc : Ouf, tant mieux, parce que ça doit être horrible.

 

Lagatsi : Non ! Ce papier là c’est celui qui m’écorche tout vif de haut en bas et me laisse tout nu et tout froid. Et tout sanguinolent.. Aaghgueu !

 

Trouilleduc : (Soulagé) Ah, celui là.

 

Lagatsi : Si, ce sont les dettes du baron de Calatrava. En partant à sa recherche tout de suite, nous parviendrons, peut-être à lui faire rendre gorge avant qu’il ne s’embarque.

 

Trouilleduc : Ah ?

 

Lagatsi : Si. Alors, pas de temps à perdre, avaaannti !!! (Il sort)

 

Trouilleduc : (Le suivant) Sinon, l’année d’avant, je n’ai pas eu de promotion non plus.

 

Noir !

Le vagabond :

 

Le Baron et Raimondo aperçoivent un vagabond : On entend au loin le vagabond qui crie « Houhou »

 

Raimondo : Allons-nous en messire, c’est un vagabond !

 

Baron : C’est un homme !

 

Raimondo : C’est un vagabond !

 

Baron : Pour toi un vagabond n’est pas un homme. Doit-il échoir à un mécréant de mon espèce de rappeler à un fervent chrétien que tout les hommes sont égaux devant Dieu.

 

Raimondo : Ce vagabond n’est pas devant Dieu messire, mais derrière nous ! Et je n’ai pas confiance.

 

Le Vagabond : (Au loin) Majesté, laissez-moi vous accompagner à Jérusalem.

 

Raimondo : (Au vagabond) Va-t’en !

 

Le Vagabond : Majesté je…

 

Raimondo : (Très menaçant !)  Va-t’en !

 

Le Vagabond : Altesse,...

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