Le square aux amazones

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Huit mamans viennent dans un square de jeu pour enfants. Elles évoquent leur vie de mère, de femme, s’amusent ensemble ou bien se crêpent le chignon… quand débarque un être étrange, jamais vu sur ce territoire : un papa. Comment les mamans vont-elles gérer l’arrivée de cet ” intrus ” ?

Liste des personnages (9)

Cathy Femme • Adulte
Maman de 10 enfants fratries composées de 3 paires de jumeaux (Mathéo Thomas/Ines-Mégane/ Gael-Berengère/ 1 triplette Angèle Noah Louis/ 1 né tout seule Ludivine)
SidonieFemme • Adulte
ne pense et n'éduque qu'avec Dolto, intello mère d'un enfant Barnabé
Nadine Femme • Adulte
Forte en gueule issue de milieu populaire, maman de Kevin
Juliette Femme • Adulte/Jeune adulte
mère de Nathan sans papa et fille de Nicole
Nicole Femme • Senior/Adulte
grand mère invasive et à l'esprit rigide et traditionnel, mère de Juliette
Carole Femme • Adulte
maman de Justine et conjointe de Catherine
Ludmilla Femme • Jeune adulte/Adulte
Provocante et "écervelée", Maman de Jennifer
Louisa Femme • Adulte
Femme forte de l'hospitalité musulmane, maman de Djilali
LucHomme • Adulte
papa de Gautier et Lison, a pris un congé parental pour s'occuper de son

Décor (1)

Square pour EnfantsBancs publics au milieu d'un square , l'espace de jeu est suggéré sur le devant de la scène.

 

(Scène 1) Entrée sur scène de Sidonie, elle va s’asseoir sur un banc

Sidonie : Barnabé, Maman est là, mon chéri, joue et sois sage!(elle sort un livre et se met à lire)

Scène 2Ludmilla entre

Ludmilla : Jennifer, maman est assise là, je ne bouge pas

Elle s'installe à coté de Sidonie, leur regard se croisent, Ludmilla vient s’asseoir à coté de Sidonie, se sent embarrassée, jette un regard sur le livre de Sidonie, cette dernière lance un regard de méfiance à sa nouvelle voisine, Ludmilla sort un magazine « People ».

Scène 3 Nadine entre

Nadine : Kevin, tu ne commences pas à casser les pieds ! Si je dois venir ça va aller mal !

Les 2 autres mamans se tournent vers elle, se regardent complices, et replongent dans leur lecture, Nadine se pose à son tour cherche dans son sac pour être en phase avec les 2 autres... et sort un prospectus de grande surface qu'elle lit à son tour

Ludmilla (s'adressant à Sidonie): Vous lisez quoi ?

Sidonie : ah ça, c'est Ovide Decroly

Ludmilla : Connais pas

Sidonie : Ah bon ? Decroly, vous ne connaissez pas ? Mais c'est un très grand pédagogue. Comment pourrais-je vous expliquer sa conception de l’éducation ? Pour lui, C'est l''importance de l'environnement naturel qui met l'enfant dans une situation de découverte, en gros l'éducation doit se faire dans un environnement adéquat avec l'éclatement des lieux familiaux... mais bon, moi je reste plus en phase avec la pensée Doltesienne

Ludmilla : la quoi ?

Sidonie : la pensée de Françoise Dolto

Ludmilla : Qui ça ??

Sidonie : Non !!! Ne me dites pas que vous ne connaissez pas non plus Dolto !!Ma pauvre fille !!!Elle est incontournable dans l'éducation d'un enfant

Nadine : c'est elle qui a eu un fils qui est devenu chanteur ?

Sidonie (agacée): oui, c'est elle

Nadine : je sais plus le quel

Ludmilla : Justin Bieber ?

Nadine : Mais non !!!

Ludmilla : ah ben non, sinon il se serait appelé Justin Dolto, mais je ne connais pas de chanteur qui s’appelle Dolto

Sidonie : c'est bon arrêtez, c’est la maman du chanteur Carlos

Les deux autres mamans se replongent dans leur livre, silence pesant...

Nadine (au bout de quelques instants) : En même temps, si c'est pour avoir un enfant obèse qui, à 50 ans, porte des chemises à fleurs et chante « tirlipimpon sur le chihuahua, » alors oui, elle a réussi son éducation!

Sidonie : et alors, il a réussi sa vie, il me semble que ça a été un homme épanoui, non ?

Ludmilla : et puis il a écrit des chansons rigolotes, moi j'aimais bien « tout nu et tout bronzé »

Sidonie : et vous pour élever vos enfants, comment faites-vous, vous n'avez pas d'ouvrages pédagogiques de référence ?

Nadine : Pédaquoi ??

Sidonie : je veux dire quels sont les livres que vous lisez dans le cadre de l'éducation de vos enfants?

Nadine : ben moi, rien, mais mon mari, c'est « les meilleures prises de karaté de Chuck Norris » parce qu’avec le gamin qu'on a, faut souvent cogner

Sidonie : d'accord, je vois le genre...vous savez, ça ne fait pas de mal de s'informer et de s'ouvrir... quand vous partez en vacances, vous vous documentez sur les lieux à visiter, je pense qu'on peut faire le même effort pour accompagner son enfant

Nadine : ben nous les vacances, les lieux à visiter, on fait le camping du perroquet à Bray dunes, alors s'informer...

Sidonie : évidement, ça en dit long sur l'ouverture culturelle !!!

Nadine : holà, ça va, ce n’est pas parce que madame lit des livres qu'elle va me prendre de haut !

Ludmilla : et puis moi de toute façon, un livre, si y'a pas des photos de stars, moi je ne comprends rien

Nadine : Ah, oui d'ailleurs regarde dans ton magazine, il paraît que le pape François et Lady Gaga, ils sont ensemble

Ludmilla : ah bon, c'est écrit où? (elle cherche)

Scène 4:

Voix de Nicole : je te l'ai dit 20 fois, ce n’est pas parce qu'on va au square que tu dois habiller Nathan comme un SDF

Nicole et Juliette entrent

Juliette : Maman, je sais ce que j'ai à faire, s'il te plaît… et toi Nathan, ne lance pas de sable partout !!

Nicole : mais laisse-le donc, il ne fait pas de mal, vas-y mon poussin, amuse-toi !!

Juliette : maman, encore une fois, tu n'es pas sa mère !!!

Nicole : je te crois, si j'étais sa mère, il ne ferait pas autant de bêtises

Juliette (agacée) : je sais, tu me le répètes assez souvent

Nicole : (s'adressant aux 3 autres) mesdames !!

Nadine, Sidonie, Ludmilla : bonjour

Nicole (à sa fille) : et bien tu ne dis pas bonjour ? Je ne sais pas ce que vont penser ces dames, mais ce n'est pas comme ça que je t'ai éduquée !

Juliette : maman, Arrête !!! Bonjour mesdames !

Nicole : c'est ma fille ! Excusez là, toujours distraite, tiens je parie qu'elle a encore oublié le goûter de mon petit-fils…Hein ? Mais j'y ai pensé moi, j'ai une tête !!et oui, qu'est-ce que tu ferais ma fille, si je n'étais pas là ? Halala !!!Et vous mesdames...vous avez encore besoin de vos mamans pour vous occuper de vos enfants ?

Nadine : ben moi, la mienne est morte !

Nicole : désolée!!

Juliette : y’en a qui ont de la chance !

Nicole : vous voyez comment elle est avec moi... et pourtant, j'ai tout fait pour elle ! J'ai sacrifié ma jeunesse, j'ai tout donné et voilà le résultat

Nadine : m'en parlez pas... la reconnaissance chez les enfants...vous savez !

Nicole : oh je me console en me disant que j'ai mon petit-fils !!! Regardez, mon petit-fils, c'est celui qui est à côté de la petite brute en pull rouge qui frappe tout le monde, et votre enfant c'est lequel ?

Nadine : Ben la petite brute en pull rouge (laissant place à un silence pesant)

Ludmilla : ben non, je n’ai pas trouvé

Nadine : quoi donc ?

Ludmilla : ben lady Gaga et le pape !!

Nicole : le pape et ????

Sidonie : laissez tomber, c'est compliqué !

Scène 5 :

Cathy entre

Cathy : Mathéo, Inès, Thomas, ne montez pas là-dessus vous allez vous faire mal, Bérengère, surveille ta petite sœur, Noah laisse Angèle tranquille, ou je te punie comme Megane et Gaël...

Les mamans regardent, intriguées, Cathy se poser sur le banc

Nadine : euh vous en avez combien des enfants comme ça ???

Cathy : 10, on rêvait d'une famille nombreuse

Nadine : dites donc, vous avez une carte de fidélité à la maternité, 5 accouchements, c’est un kebab offert ? c'est plus un utérus que vous avez, c'est une photocopieuse !!

Sidonie : ah c'est fin !!! Franchement raffiné ! niveau humour, c'est comme la culture

Nadine : oh la culture sans intelligence, c'est comme une Ferrari sans essence, tu peux frimer avec mais tu ne risques pas d'aller loin

Sidonie : et dans votre cas, on va où quand on n'a ni l'une ni l'autre ?

Nadine : elle a quoi l'intello ? Elle est fatiguée de vivre ?

Sidonie : Pourquoi ? C'est madame « Grande gueule » qui va mettre fin à mes jours ?

Nadine : t'as peut-être une grosse tête, mais je peux te l'élargir encore

Sidonie : essaye donc !!!

Cathy : mais enfin calmez-vous, c'est ridicule !!

Sidonie : toi Hewlett Packard, tu nous laisses !

Nadine : oui, on ne t’a pas sonné... quant à toi t'a de la chance que je sois avec mon fils...

Sidonie : oui, on va dire ça (à Carole) excusez-moi de m'être emporté

Cathy : Pas grave... de toute façon, Hewlett Packard, elle t’emmerde !

Silence pesant

Cathy : Thomas, non Thomas !!! ben voilà, t'es tombé !!!(elle va chercher son fils)

Ludmilla : punaise il est tombé de haut !!!la cage à poule fait bien 3 mètres de haut

Nicole : mais ne dites donc pas de bêtises, elle en fait 1m50 tout au plus !

Ludmilla : en même temps je n’ai jamais eu le sens des mesures

Nadine : mais ça, c’est quand même un peu de la faute à nos maris

Nicole : Pourquoi ?

Nadine : ben ils nous ont induit en erreur, ils ont toujours essayé de nous faire croire que ça (geste d’écart entre le pousse et l'index) ça faisait 20 centimètres !!!

Nicole : ah les hommes, tous pareils !!! Mais sans eux, on aurait fait quoi ??

Nadine : holalala, sans mon homme... je ne sais pas, mais ça n’aurait pas pu être pire, moi mon homme c'est le contraire d'un conte de fée, quand je l'ai vu, c'était un prince charmant et quand je l'ai embrassé, il s'est transformé en crapaud

Nicole : oui, enfin moi j'en connais une qui avait un prince charmant à ses pieds, mais qui a préféré rester fille mère

Juliette : Arrête maman !!!

Nicole : non mais ma fille, on peut en parler, avec lui, c'était la belle vie, une bonne éducation pour mon petit-fils, qui aurait fait les meilleures écoles, c'est qu'il avait une situation très en vue !!!Mais voilà, j'ai une fille qui préfère penser à elle

Juliette : Maman !!! C’est bon !!!

(Cathy réapparaît)

Nicole : Et vous madame, Votre mari, il fait quoi dans la vie ?

Cathy : Animateur commercial pour une société qui vend du vin

Nicole : bien, bien...

Nadine : le mien, pareil, il est dans le vin…mais lui c'est plus du côté consommateur

Nicole : et vous madame ?

Sidonie : mon mari est responsable d'un pôle de recherches sur les énergies renouvelables

Ludmilla : le mien, il est aussi sur un pôle

Nicole : mais quel pôle ?

Ludmilla : le pôle emploi !

Nicole : eh bien, moi, ma fille pourrait être femme de médecin, au lieu de ça, elle est femme de personne !!!

Sidonie : vous savez des fois, mieux vaut être femme de personne que femme de n'importe qui !

Juliette : C'est ce que je m'échine à lui dire, mais c'est un esprit obtus !

Nicole : Nous y voilà ! Avoir certains principes c'est être obtus ! Merveilleuse ton ouverture d'esprit

Scène 7:

Carole arrive sur scène et vient s'installer à coté de Nicole et Juliette

Carole : Allez ma puce, va t'amuser, non, je garde le doudou, tu va encore me le perdre... soit sage et prête tes jouets au petit garçon (vers les autres mamans) Bonjour mesdames !

Nicole (lui souriant) : Bonjour madame, charmante petite fille que vous avez là ! Bien élevée en plus !!!

Carole : Merci, je fais tout mon possible, mais je veux qu'elle aie une éducation irréprochable

Nicole : fort bien, l'éducation, il n'y a que ça de vrai ! je ne me lasse pas de le répéter à ma fille, elle est tellement laxiste avec son fils, (s'adressant à sa fille) c’est vrai, le moins que l'on puisse dire, c’est que tu ne donnes pas le meilleur exemple à Nathan, vraiment, l'éducation que tu lui donnes me désempare, ma fille

Juliette : en même temps, j'ai des excuses pour ce qui est de l'éducation, j'ai une mère qui a raté la mienne

Nicole : En attendant prends modèle, ma fille, elle c'est la maman parfaite, mais voilà, pour être parfait, je suis sûr qu'il faut être deux, il faut avoir un mari qui élève son fils dans le respect des traditions… (S’adressant à Carole) je disais à ma fille que votre enfant est si bien élevé et bien poli, vous devez avoir aussi un conjoint exemplaire

Carole : oui. Partenaire géniale, (le portable de Carole sonne) excusez-moi... allô, oui, mon cœur, oui j'ai emmené Justine au square, non ne t’inquiète pas, le repas est prêt...

Nicole (à sa fille) : Femme au foyer parfaite !!! Je te le dis, prend exemple (elle se sert un verre d'eau)

Carole : oui, ce soir on est invité à manger chez Marc et Ghislaine, tu n'as pas oublié ? Super, oui, moi aussi je pense à toi, j'ai hâte de te voir, je t'embrasse bien fort, mais moi aussi je t'aime, Catherine (Nicole recrache l'eau qu'elle venait de mettre en bouche) bye

Silence pesant

Juliette : t'as raison maman, je devrais peut-être prendre exemple

Nicole : oh ça va, toi !!!

Carole : excusez-moi, nous avons été interrompus, vous disiez ?

Nicole : oh heu, je sais plus.... je … enfin...

Juliette : vous parliez conjoint et vie de couple conjuguées aux merveilles de la tradition... c'est bien ça, maman ?

Carole : oui c'est ça... mais nous aussi, nous aimons la tradition, d'ailleurs avec Catherine, nous allons enfin pouvoir nous marier

Nicole : ah oui... évidemment, c'est très... bien... enfin, c'est...

Juliette : marrant venant de quelqu'un qui a fait toutes les manifs contre le mariage pour tous, ta tradition serait-elle à géométrie variable ?

Nicole : Oh ça va, hein !! Bon j'avoue, je trouve que … enfin chacun fait ce qu'il veut... mais c'est quand même... contre nature !

Carole : qu'est ce qui est contre nature ?

Nicole : Ben ça… votre.... Oh, vous savez bien !

Carole : non, je ne vois pas !

Juliette : votre HOMOSEXUALITE, c’est ça, maman ? Il y a des mots comme ça qui constipent ma mère de la bouche

Nicole : non mais bon… enfin... et cette petite fille alors, elle n'a pas de papa ?

Carole : bien sur que si !

Nicole : mais pour ça faut... avec un homme !! Enfin vous voyez ce que je veux dire ??

Carole : et alors je n’ai pas eu que des femmes dans ma vie

Nicole : ah vous avez eu aussi des relations normales

Carole : c'est ça, oui, des relations normales

Ludmilla : Moi je ne pourrais pas faire sans un homme, surtout le mien !!!

Nicole : Bah après tout, si elle préfère être avec une femme, c'est elle qui choisit

Carole : désolée de vous contredire, mais on ne choisit pas la personne dont on tombe amoureuse !!!

Nadine : c'est bien vrai ça, par contre souvent on choisit la personne dont on n'est pas amoureuse, et vous madame (à Nicole) vous avez été mariée ?

Juliette : oui, elle a eu le choix même, entre un pilote de ligne et un imbécile notoire

Nadine : ah et elle a choisi qui ?

Juliette : ben c'est simple elle a une peur bleue de l'avion !

Nicole : Juliette, tu pourrais être un peu plus respectueuse de ton père

Juliette : oh mais j'ai plus que du respect pour papa, de l'admiration que j'ai, quand j'imagine ce qu'a dû être sa vie de couple

Nicole : oui, nous au moins on a eu une vie de couple. Et elle fait quoi comme métier votre amie ?

Carole : elle est ingénieur

Ludmilla : on ne dit pas ingénieuse ?

Carole : non, c’est ingénieur

Nicole : ah ben oui, vu vos penchants...

Carole : ah mais même hétérosexuelle, elle serait restée ingénieur... pour vous c'est pareil : pénible, c'est à la fois masculin et féminin

Scène 8: Louisa Entre

Louisa : Djilali, soit sage, maman est ici, tu veux un gâteau ? Non ? Ben dis-le !!Si tu fais des bêtises, je te préviens, je le dis à papa !! Non, tu ne touches pas au sceau de la petite fille …bonjour mesdames

Les autres mamans : bonjour

Louisa : maman a les gâteaux si tu veux manger, mon poussin... (Se penchant vers Nicole) un gâteau ?

Nicole (froidement) sans façon merci

Elle tend la boite aux autres

Louisa : allez-y c'est des Makrouts aux dates, je les fais moi-même !!! Allez mangez, mangez (elle en offre à toutes)

Ludmilla : je ne sais pas si c'est bon pour ma ligne...

Louisa : allez, si, si, il faut manger, tu es trop maigre, toi !!

Cathy : boh moi, ma ligne ça fait longtemps que je fais plus attention

Toutes mamans mangent en silence, elles mâchent péniblement

Sidonie : oui, c'est bon, mais ce n’est pas vraiment léger

Ludmilla : oh mon dieu, je sens que ça me tombe directement dans les fesses !

Nadine : ben fais attention ! Les fesses, c'est quand même la partie la plus observée de ton anatomie

Louisa : mais ce n’est pas grave ! Mangez, mangez, on ne sait pas par qui on va être mangé nous !

Cathy : ben si, avec ces gâteaux c'est par la cellulite qu’on va être mangé!

Louisa : ça vous plaît ?

Toutes autres mamans (soupirant) : oui !

Louisa : alors, vous allez adorer mes baklavas !!!

Les autres mamans (en chœur et énergiquement) NON MERCI !!!

Louisa : si, si, si, allez on fait pas de ...Chichis comme on dit chez vous

Les mamans avalent exténuées

Nicole : rassurez-moi ! Y'a pas un 3eme caché ?

Ludmilla : (se sauvant) : excusez-moi, je reviens

Nadine : elle est partie se faire vomir

Louisa : c'est dommage de gâcher

Nadine : c'est à dire qu'elle, c'est une rondelle de concombre et 3 feuilles de salades par jour...là, elle vient de prendre sa dose de calories pour une année !

Cathy : faut dire, elle n’est pas bien épaisse

Nicole : oui, le genre de fille qui utilise plus souvent ses fesses que sa tête

Sidonie : oui, enfin vous, la tête, vous pourriez l'utiliser à meilleur escient, vous êtes jalouse de ses fesses ?

Nicole : non, mais ça va, madame je sais tout ! ! Excusez-moi, mais, vous vos fesses, vous avez tendance à péter plus haut qu’elles ne sont perchées

Nadine : et toc dans la face de la copine de Dolto

Sidonie : qu’est-ce qu’elle veut, la primate ?

Nadine : Comment tu m’as appelé ?

Cathy : bon ça suffit... Vous allez vous calmer

Nadine : non mais elle nous lâche la poule pondeuse

Ludmilla réapparaissant : Nadine

Nadine : et l’autre là (S’adressant à Sidonie) elle me fait des excuses ou elle va prendre mes 5 marionnettes sur le coin d'son théâtre

Ludmilla : Nadine !

Nadine (à Ludmilla): attends, toi

Ludmilla : Non mais Nadine.

Nadine : Quoi ?

Ludmilla : le petit point rouge qu'on voit au loin sur la route là-bas...

Nadine : eh bien quoi ?

Ludmilla : ce n’est pas ton fils ?

Nadine : oh nom de dieu !!!Kevinnnnnn !!!! (Elle sort de scène)

Sidonie : elle est soûlante

Nicole : c'est vrai que c'est un personnage, en même temps aujourd'hui, il faut choisir, ou tu as l'aide sociale ou tu as l'éducation !

Juliette : maman, comment peux-tu dire des choses pareilles ?

Carole : Laissez donc ! Après les homosexuels, les bimbos, maintenant, les

Cas sociaux ... décidément, les préjugés ont la vie dure !

Sidonie : Et après c'est moi qui pète plus haut que mes fesses !!!Regardez-vous, vous ne pouvez pas côtoyer quelqu'un sans le juger immédiatement

Nicole : oh vous retourner lire Dolto et ne nous embêtez pas !

Louisa : Dolto ? C’est la maman de monsieur Carlos... ah je l'aime bien quand il chantait « tout nu et tout bronzé... » (Louisa se met à la chantonner, les autres mamans l'accompagnent en tapant dans les mains.)

Sidonie (jaillissant de son banc excédée): Bon ça suffit !!! Non Dolto n’est pas QUE la maman de Carlos, elle est avant tout une pédopsychiatre de renom qui a su poser un regard pertinent sur l'éducation et l'évolution de l'enfant !

Louisa : et elle dit quoi cette dame ?

Sidonie : et bien par exemple, elle pense qu’on ne ment pas à un enfant, on ne peut mentir à l'inconscient, il connaît toujours la vérité.

Juliette : ah ben évidement, ce soir je dis la vérité à mon fils, Mon petit Nathan, tu es né de la conjugaison d'un père inconnu qui sait y faire avec maman quand elle a un peu trop picolé et d'un stérilet qu'un gynécologue besogneux a posé comme un sagouin... tes prénoms devaient être Isidore Victor Gaston, en abrégé IVG... avec ça, s’il ne prend pas un coup d'inconscient en pleine tronche...

Nicole : Juliette, c'est d'un goût !!

Nadine : (revenue essoufflée) et je te préviens si tu sauves encore, je t’en mets une plus grosse

Sidonie : en même temps, si vous y amenez une vision aussi caricaturale... Comment réduire à autant de ridicule quelqu'un qui a donné une telle place à la psychanalyse en pédiatrie, elle qui met à jour les castrations symboligènes d'états infantiles, qui a su donner à l'affect, ce rôle de support à l'intelligence, qui a compris que le sevrage était la 1ere castration orale, qui a su comprendre les modifications de la valeur symbolique objet mère, une pionnière dans le domaine !!!

Louisa : qu'est-ce qu'elle raconte ? Je ne comprends rien

Nicole : juste qu’un pseudo spécialiste de je ne sais quelle discipline a décidé de foutre en l'air des siècles d'éducation pour faire des parents permissifs... ce qui fait qu'aujourd'hui, les parents ne savent plus élever leurs enfants !

Juliette : les parents ne savent plus élever leurs enfants, ah, le c’était mieux avant, tu me gaves, maman, avec ces idées reçues, tu ne te souviens pas mais c'est exactement ce que ma grand-mère te reprochait, il y a 20 ans... la nostalgie est à la mémoire ce que le désodorisant est aux toilettes, ça laisse une bonne odeur artificielle pour masquer toutes les mauvaises de la réalité

Nicole : dis-moi ce que tu veux, mais les parents ne savent plus éduquer leurs enfants !

Sidonie : Ça veut dire quoi « savoir éduquer » ? désolé, mais moi, mon enfant a été livré sans mode d'emploi

Ludmilla : c'est pour ça que tu as acheté le mode d'emploi de la maman de Carlos ?

Nadine : En même temps, on peut l'écouter cette dame, elle a raison dans ce qu'elle dit ! Y’a peut-être la politesse et le respect à réapprendre à nos enfants !

Sidonie : non mais je rêve ! C'est vous qui dites ça ? Vous qui parlez comme une charretière, dont le gamin ne peut pas passer deux minutes sans foutre sa main dans la figure d'un autre ?

Nadine : et toi, c'est la mienne que tu vas prendre ! Moi je sais m'occuper de mes enfants sans chercher dans un livre, ce que je dois faire pour qu'il arête de pisser au lit

Sidonie : ose répéter !

Nadine : j'vais t'en foutre.

Ludmilla : ça suffit, calmez vous

Nadine : ne te mêle pas de ça

Sidonie : oh toi, la bimbo va t'occuper de ton rouge à lèvre et nous embête pas...

Ludmilla : Ça suffit !!!(très en colère) CA SUFFIT !!! FERMEZ-LA TOUTES LES DEUX !!! Alors comme ça c'est moi l’idiote ? Non mais vous vous êtes vues avec vos querelles de patronage ? Vous parlez d'éducation, et vous vous comportez comme des gamines immatures ! Regardez vos enfants ! Quel spectacle vous leur montrez ! C’est vrai à la fin, vous vous permettez de me juger !!! La bimbo sans cervelle ! Mais je vous écoute depuis tout à l'heure... et quand je vous entends vous insulter comme ça, ben je me trouve plutôt intelligente comparée à vous, (s'adressant à Sidonie) alors avant de retourner à mon rouge à lèvre, permet-moi de te dire qu'il y a des enfants qui vous regardent et c'est peut-être pas le meilleur exemple symbolimachin que vous leur donnez, et je pense que ta copine Dolto serait pas loin d'être d'accord avec moi... ( à Nadine) et toi la grande gueule, t'en a pas mare de rouler des mécaniques, de menacer, de frapper à chaque fois que quelqu'un est pas d'accord avec toi, parce que t'es pas foutue de t'exprimer autrement qu'en gueulant.. Tes enfants ? Ça fait combien de temps qu'ils ne t'ont pas entendu parler doucement, leur dire un mot gentil ? Ce n’est pas une mère qu'ils ont, c'est une vendeuse de poissons ! Alors, si vous voulez vous bouffer la gueule, faites-le, mais loin de ma vue, parce qu’elle en a plein les fesses, la bimbo, et comme dit madame (elle montre Nicole) les fesses, c'est ce que j'ai de plus précieux... (S’adressant à Nicole) Laissez-moi une place s'il vous plaît !

Nicole : Oui madame, pardon madame !!!

Ludmilla : Oh ça m'a fatigué de m'énerver pour vous dire tout ça (ouvrant son stick) et d’abord le rouge à lèvre, moi je trouve ça joli

Nadine : bon, ben excusez-moi

Sidonie : non, désolée c'est moi, je n'aurai pas du

Louisa : je sors les cornes de gazelle pour faire la paix

Les autres ensembles : non !!!!

Nadine : tu trouves que je ne leur parle jamais gentiment à mes enfants ?

Ludmilla : non, j'ai dit ça comme ça mais....

Nadine : Kevin, tu arrêtes tout de suite... je t'ai déjà dit que tu ne pouvais pas insulter les gens... Abrutit, va !!!

Sidonie : non, mais laissez, c'est le mien qui a commencé... Barnabé, tu t'excuse tout de suite au petit Garçon.... Bon Barnabé !!! Ça suffit !!! Tu m'écoutes ou tu t'en mange une !!!!

Cathy : Ah ça c'est Dolto quand elle a ses ragnagnas !!!

Juliette : Finalement, tu vois maman, c'est simple pour personne une bonne éducation... qu'on l'élève seul ou a deux !

Cathy : pour sûr, moi j'ai 10 gamins, mon mari m'avait dit : « t'inquiètes pas, je serais là, avec toi », finalement un mari avant la naissance, c'est comme un candidat avant une élection présidentielle, ça fait plein de promesse, mais quand il faut agir, ils n'imaginaient pas qu'y avait autant de boulot

Nadine : ça c'est clair ! Un mari c'est comme une voiture d'occasion, quand on ne se renseigne pas bien, on récupère toujours celui qui déconne le plus... et encore, chez moi, ma voiture consomme moins que mon mari !!

Sidonie : c’est vrai, le mien ne se préoccupe que des grands enjeux de la planète ! Il est au fait de tout ce qu'il faut faire pour offrir aux générations futures, un avenir radieux... par contre, il n'a jamais changé une couche, c'est parce qu’il pense à l'avenir de ses enfants, qu'il néglige leur présent... mais pas grave, pour ces basses taches sans intérêt, y'a maman !

Cathy : et puis le soir, rentré du boulot, il ne peut pas coucher les enfants, il a une tache bien plus importante... Ribéry a besoin de ses encouragements dans l'écran

Nadine : ben le mien, avec ce qu'il a picolé, en général il dort avant les enfants

Nicole : et bien oui, mesdames, vous êtes des mères, et c'est bien là votre tâche !!! arrêtez donc de vous en plaindre ! À vous entendre, vous êtes les victimes permanentes... Ce n'est pas vous qui avez eu à essuyer les obus à Verdun... et toi (à Juliette) si tu avais épousé Pierre, tu n'en serais pas là

Juliette : Mais, arêtes donc un peu avec Pierre !!!tu me pourris la vie, maman, et ma vie je la mène comme je l'entends... et tant pis si je n’ai pas épousé le mari idéal, celui qui correspondait à tes grandes ambitions de mamie bienveillante, d'ailleurs ta bienveillance c'est quoi ? Penser à moi ? À mon bonheur ? Rien du tout !!! Non, toi ce que tu vois c'est seulement ta réputation ! « Ma fille a épousé le docteur de Saint-Flassant, je suis la belle-mère du plus grand proctologue de la région »..mais tu veux juste que je réussisse ce que tu as loupé maman, tu as fait de moi, la chargée de mission sensée rattrapée ton désastre conjugal... parce que parlons en maman, de l'exemplarité de ton couple, t'as même pas su sauver ce qui te paressait le plus important : les apparences ! C'est pas tant d'avoir été cocu qui t'a gêné, c'est que tout le monde le sache, tes grands projets de famille de notable , de bourgeoisie provinciale, d'aristocratie d’opérette, ça a tourné au fiasco... et que ta fille puisse tomber enceinte sans être mariée, c’était la Bérézina totale, c'est pour ça qu'il a fallu à tout pris éviter le scandale en le tapissant d'un roman à l'eau de rose, alors tu m'as trouvé un étudiant en médecine, fraîchement diplômé, qui venait à ton huis ,demander la main de ta fille, pour sauver un dépucelage en catimini qu'une grossesse malveillante avait rendue impossible à cacher, la faculté de médecine avait envoyé son messie, la bénédiction en costume 3 pièce qui venait te faire la sérénade ,le gendre plus qu'idéal . Désolé mais derrière la sommité d'un notable de province, ce n’est pas toi qui aurait vécu avec Pierre de Saint -Flassant, avec sa gueule de raie, son haleine de chacal, son humour graveleux d'alcoolique pétomane, alors, maman si tu trouves que refuser la demande en mariage d'un crétin pareil, c'est du gâchis, te gêne pas maman, refais ta vie avec !!!

Nadine : waouuuuu, Ce qu’elle a pris dans les dents, la vieille !!!

Ludmilla : C’est quoi un proctologue ?

Sidonie : ben un docteur qui s'occupe de ...enfin du.... De l'anus …

Ludmilla : du quoi ?

Carole : ben du trou du cul

Ludmilla : quoi ? Faire de grandes études, longues et difficiles, pour travailler à la fin sur des histoires de derrière, y'a de ces vicieux, quand même !!!

Louisa : moi, mon homme ça va bien, je ne me plains pas

Carole : ah oui ? Pourtant j'ai cru comprendre que la culture musulmane, c'était... enfin dur pour la femme

Louisa : non, mais tous les hommes musulmans sont pas des talibans ! Y’en a mais ils ne le sont pas tous, mon mari, il est comme les vôtres ! Et il m'arrive aussi de rouspéter après, parce que comme les vôtres, il ne fait pas toujours bien attention aux enfants, un homme maghrébin, c'est comme un homme européen, sauf que ça mange plus de couscous !

Nadine : c'est vrai, madame, on a des fois des idées !!!

Louisa : mais vous savez, moi, mon enfant, il faut que je fasse encore plus attention, parce que les vôtres, quand ils font des bêtises, on les excuse parce que ce sont des enfants, le mien, on ne l’excuse pas parce qu’il est arabe !!!Pourtant, il travaille bien à l’école, mon petit Djilali. La maîtresse dit qu'il est très éveillé, très attentif. S’il veut s'en sortir, il devra vraiment être exceptionnel. Toute sa vie, on lui rappellera ses origines, dès qu'il y aura un reproche à lui faire, on dira que c'est l’échec de l'intégration. On est venu ici parce qu'on aimait la France, et Djilali, il est français d'ailleurs, le bled, il ne connaît pas, mais un jour peut-être il aura envie de redécouvrir le lieu de ses racines, la terre natale de sa famille, alors, on dira qu'il préfère le Maroc à la France, comme si quand on était arabe, on n'avait pas le droit de s’intéresser au pays de ses origines, comme si il fallait tout renier, moi j'aime la France, elle a su m'ouvrir les bras, mais j'aime aussi le Maroc, ça restera toujours le pays où je suis né, mais les gens me disent que je n'ai pas le droit, que je ne dois aimer que la France, c'est idiot, c'est comme si une femme demandait à son mari, pour lui prouver son amour, de ne plus aimer sa propre mère. Alors, je sais que Djilali, pour certains, ne sera jamais le bienvenu...On m'a dit quand je suis arrivé ici que la France n'était pas une poubelle, je n’ai pas osé répondre, mais j'aurais voulu leur dire que mon fils n'était pas un détritus.

Nicole : et bien, je vais peut-être vous prendre une petite pâtisserie !

Louisa : avec plaisir, tenez, madame

Nicole : merci... merci (elle se met à pleurer) alors comme ça, je suis une mauvaise mère !

Juliette : mais personne n’a dit ça maman !

Nicole : si, si, ne dis pas le contraire, j’ai entendu ce que tu m’as dit et, tu as raison, je ne vis qu’avec mes idées reçues, mais tu sais ma fille, j’ai une excuse, on m’a fait grandir dans cette croyance que c’est l’homme qui décide, qu’une femme, ça doit être soumise… tu sais, ce n’étais pas méchant, je voulais sincèrement ton bonheur, j’ai juste pas compris que ce n’était pas à moi de le construire… je te demande pardon, je suis tellement nulle

Juliette : mais maman, tu te mets à te juger comme tu passes ton temps à juger les autres... tu n’es pas nulle, simplement comme toutes les mamans du monde, tu n'es pas parfaite

Nicole : et bien c'est ça le problème, j'ai toujours vécu en croyant que je devais être parfaite ! Tout contrôler ! Je pensais que voulais que les gens m'aiment... mais au fond de moi, je me rends compte que je voulais qu'ils m’admirent, qu'ils admirent ma fille aussi, parce que c'est moi qui l’avais élevé... je ne suis qu'un monstre de vanité !!!

Juliette : maman, c'est une bonne chose que tu t'en rendes compte !

(Nicole et Juliette se serrent dans leur bras)

Ludmilla : oh, c'est beau une mère et une fille qui s'aiment (elle s'accroche à Nadine pour la serrer)

Nadine : oui, ben calme toi, je ne mange pas de ce pain-là, moi !!!si tu as des envies, vois avec madame, elle est spécialiste

Carole : ne confondez pas affection et amour, quoique vous sembliez singulièrement manquer des deux !

Nadine : qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?

Carole : je ne sais pas, votre agressivité permanente... votre fils, qui passe son temps à se faire engueuler

Nadine : Mon fils, même si je passe mon temps à l'engueuler, je l'aime, j'ai, pour lui, autant d'affection que la moindre d'entre vous pour votre propre enfant ! Mais je l'exprime moins, peut-être aussi parce que des marques d’affection, on ne m’en a pas donné non plus beaucoup... les câlins et la douceur ça doit être héréditaire !

Ludmilla : Moi, je me dis des fois, que je ne voudrais pas que comme moi, on la prenne pour une idiote, elle est belle ma fille, mais je ne veux pas que ce soit « belle et tais-toi » J'ai trop souffert des regards en coins, des femmes qui me prennent pour ce que je ne suis pas, ou de celui des hommes, eux, ils te regardent mais pas avec les mêmes yeux, et je sais que ça parle dans mon dos

Carole : ah ça, je connais, et tu ne peux rien y faire, si je peux te donner un conseil, c'est que les gens qui parlent dans ton dos, ben réponds leur avec ton cul !!!C'est pour les enfants que c'est plus dur... ils doivent essuyer la bêtise des adultes, ma fille, c'est avant tout la fille des lesbiennes dans le quartier, celle que dans la cour d'école, les autres parents voudraient qu'on place en quarantaine préventive, comme si l'homosexualité était héréditaire et contagieuse.

Louisa : et moi, vous croyez que c'est facile d'assumer nos origines ? Vous savez, les regards de travers, on les voit et on ne dit rien, mais, vous n’avez pas idée de ce que nous vivons comme discrimination

Carole : C’est vrai Ludmilla, tu ne peux quand même pas comparer vos problèmes avec ceux que nous connaissons qui sont le racisme et l'homophobie

Ludmilla : C'est vrai, on peut pas comparer, quand on s'en prend à un musulman ou une lesbienne, on a des associations qui vous défendent, qui manifestent qui alertent l'opinion, toute la belle société vous vient en aide mais pour moi, on entend jamais parler de discrimination contre les blondes d'apparence superficielle, les pétasses, on appelle ça, le mépris affiché pour les gens comme nous, est légitime aux yeux de tous, même les biens pensants qui vous viennent en aide... quand on dit à ma fille que sa mère est une P… ça ne choque personne, c’est dans la logique des choses. Moi aussi je vis ces brimades, sauf que contrairement à vous dès que j'en parle, tout le monde s’en fiche complètement

Carole : tu pourrais peut-être t'habiller de façon moins provocante !

Ludmilla : et pourquoi je devrais ? Parce qu'une fille qui aime se fagoter comme moi ne peut être qu'une blondasse sans cervelle, c'est curieux comme pour des gens qui croient comprendre les choses en profondeur, on puisse me juger autant sur les apparences.

Nadine : ben Ludmilla, tu viens de manger un philosophe ou quoi ? Je te reconnais plus depuis cinq minutes !

Juliette : finalement, on fait ce qu'on peut avec nos différences et quoiqu'il arrive on sera jugé sur ce qu'on est et pas sur ce qu'on fait …alors, c'est quoi un mauvais parent ? C'est toujours un parent qui n’est pas conforme à l'imagerie idéale !

Carole : c'est vrai qu'on entend ça tous les jours « c'est la faute des parents », « moi à la place des parents... » « Si les parents s'en occupaient un peu plus » Finalement le parent c'est la cause de tous les maux

Nadine : ben oui, mais si on va par-là, en fait, si on est de mauvais parents, ce n’est pas de notre faute non plus, c'est de la faute à nos parents, qui eux-mêmes étaient pas responsables puisque c’étaient leurs parents à eux

Nicole : donc les responsables, c’est Adam et Ève ?

Louisa: peut-être chez vous... nous Adam et Ève, on les connaît pas bien. Mais peut-être que les parents y sont un peu responsable quand même, non ?

Sidonie : peut-être, mais de tout? Je ne sais pas... vous pensez que pour Adolf Hitler, tout est de la faute de madame Hitler mère ?

Louisa : je ne sais pas... non, mais qu'est-ce qu'elle a dû pleurer avec un méchant garçon pareil!!

Carole : et ben voilà, coupable d'être mère !

Cathy : pareil, nous, au début on culpabilise et on s'inquiète pour tout et avec le temps, on gère les choses avec tellement plus de recul. Moi des enfants j'en ai eu 10... Le premier, quand il a avalé une pièce de 10 centimes, je l'ai de suite emmenée aux urgences, quand c'est arrivé au dernier, tu fouilles juste dans le caca pour retrouver la pièce... pourtant je l'aime tout autant que le premier (le téléphone sonne) excusez-moi... allô, oui, Christophe ? Ou je suis ? Ben je suis au square avec les enfants… Pardon ? Si je n’ai pas autre chose à faire ? alors écoute moi bien, ce soir quand tu vas rentrer, la bouffe sera faite, tu pourras poser tes fesses dans un canapé astiqué sur un tapis ou l’aspirateur aura été passé, tes enfants seront nourris, et avec eux t’aura juste le minimum syndical à assurer, tu sais, bien les énerver, pour qu’ensuite je puisse les calmer et les mettre au lit, alors, tout mon boulot sera fait, enfin, sera fait après le repassage, la vaisselle et les poubelles  ; au vu de ce dévouement extrême, je n’ai pas de comptes à te rendre… si ?? Alors, toi aussi. Je peux savoir combien de temps ce matin tu as glandé prés de la machine à café à raconter des histoires foireuses avec tes gros beaufs de collègues, combien de temps passé sur ton Facebook ? Ben si mon chéri, y’a pas de raison que je sois la seule à me justifier de mon emploi du temps, quoi ? Toi tu es payé ? mais je le sais, mon amour, et tu me le rappelle assez souvent, mais toi tu as un patron bien sympa, pour te laisser un salaire malgré ta productivité minimale, moi mon patron est un esclave, qui daigne m'accorder quelques miettes d'euros, juste pour faire les courses, et attention ! si je dépense trop, il est intraitable…et toi tu as le droit à des congés payés… et dès qu’on arrive à Perros Guirrec, monsieur se prélasse, se détend et surtout rien ne doit venir briser la sacro-sainte journée de pêche, t'as assez bosser toute l'année pour te payer ça l'été… alors que moi, ben je continue à faire la bonniche pour tout le monde dans la villa de bord de mer, ben oui, j’ai pas cotisé pour, donc normal que je n’en ai pas ,moi, des congés payés… comment ça t’énerve pas… mais je ne m’énerve pas , mon amour, je voulais juste te dire que je n'ai pas que ça à faire et qu'il serait bon parfois de te rappeler que ce n'est pas parce qu’à la fin du mois , je ne reçois pas de fiche de paye que ça veut dire que je passe mon temps à glander… alors, mon chéri, de ton mon amour et avec toute l'affection que j'ai pour toi, qui est resté comme au 1er jour, la raison m'oblige des fois à couper court à la passion et c'est à cet effet que je m'oblige à te le dire :je t’emmerde !!!

Sidonie : c’est ce qu’on appelle remettre quelqu’un à sa place

Cathy : Oui, ça libère !!

Ludmilla : oh oui, je crois que je vais la même chose… (Elle prend son portable) allô, Didier ? Oui, euh.......je t’emmerde !!! (Elle raccroche) Voilà, moi aussi je l’ai remis à sa place !!!

Sidonie : tu ne l’as pas remis à sa place, tu l’as juste agressé.

Ludmilla : ben j’ai fait comme Cathy !

Sidonie : oui mais Cathy avant le « je t’emmerde » elle a pris le temps de lui dire plein de choses, ce qu’elle avait sur le cœur

Ludmilla : ah bon ? Mais moi aussi j'ai peut être des choses sur le cœur

Sidonie : ben, il t’empêche d’aller au square, ton mari ?

Ludmilla : non

Sidonie : espionne tes faits et gestes ?

Ludmilla : non

Sidonie : te demande des comptes sur ce que tu fais de tes journées ?

Ludmilla : ben non !

Sidonie : ben pour quoi tu veux lui faire des reproches ?

Ludmilla : ben pour faire comme Cathy !!!

Nadine : ça me rassure ,elle est redevenue comme avant !Sinon madame (à Nicole) vous inquiétez pas, pour les grand mères c'est comme les mamans, elles sont pas parfaites non plus, tenez ,ma belle-mère, elle est tellement radin qu' elle a pour sale manie d'offrir à Kevin, toutes cochonneries qu'elle gagne dans ses trucs de vente par correspondance, à sa naissance, elle avait récupéré une montre chez Daxon, elle lui a offert en me disant « je sais qu'il n'en a pas encore besoin, mais j'aurais été la première » pour son 1er anniversaire, elle avait eu, à la Redoute, un cartable, pareil, elle m'a refait le coup « je sais qu'il n'en a pas encore besoin, mais j'ai été la 1ere !! » et ben aussi sec ,je lui ai fait le fait le même coup !

Nicole : c’est à dire ?

Nadine : ben pour ses 70 ans, je lui ai offert un pot de chrysanthèmes et je lui ai dit « je sais que vous n'en avez pas encore besoin, mais bon j'aurais été la 1ere !!! »

Toutes se mettent à rire

Nicole : c'est méchant, mais qu'est-ce que c'est drôle !

Cathy : nous aussi, on sera grand-mère un jour

Carole : qu'est-ce qu’on n’entendra pas, ce jour-là !!! Un enfant, c'est deux grand-mères et deux grands-pères... pas 3 grand-mères !!!

Nicole : ben dans ce cas, pour rééquilibrer, faudra que votre fille épouse le fils de 2 homos hommes, comme ça on aura bien deux grands-pères et deux grand-mères !!!

Carole : ah, pas bête ! Et si ça tombe, elle aussi comme ses mamans, préférera les filles

Juliette : ou choisira d'élever seule son enfant... au fond on leur souhaite tellement de bonnes choses qu’on ne voudrait pas qu'ils finissent comme nous... alors on les oblige à faire des trucs qu’on n’aurait jamais fait

Sidonie : c'est peut-être juste parce qu’on les aime ! On voudrait les obliger à réussir tout ce qu'on a loupé, je m’embête à chercher dans les livres, tout ce qui devrait être nécessaire à l'équilibre éducatif de mon fils, tout ce temps avec mes yeux plongés dans les livres, c’est du temps que j'aurais pu passer à la regarder grandir.

Nadine : bon, ben ce n’est pas tout ça mais il est l'heure de la tambouille, quand mon homme poireaute trop, il devient grognon... Kevin, viens mon chéri, on rentre ! Quoi ? C'est la 1ere fois que je t'appelle mon chéri ? Ben oui, tu es le chéri de ta maman... quoi ? Non tu ne peux pas jouer encore un peu... non, on rentre !!! Alors tu viens tout de suite, petit con !!!

Ludmilla : bon et bien je rentre aussi, coucou, Jennifer, on rentre, ma puce !!!

Juliette : et bien nous allons en faire de même, Nathan !!! Nathan, on y va

Nicole : Nathan, veux-tu obéir à maman !

Cathy : Les enfants ! Venez tous ici, en rang par 2… Matteo, ne bouge pas ! 1,2,3,4,5,6,7,8,9, 10….11 ? Ben comment tu t’appelles toi ? Jules ? Bon, ca fait rien, je t’emmène quand même… On est parti les enfants

Noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acte 2

(Scène 1)

Un papa arrive dans le square, il a avec lui une poussette.

Luc : Gautier, ne monte pas là-dessus, tu vas te faire mal ! (Il ouvre son journal et se met à lire)

(Scène 2)

Sidonie entre, s’installe sur le banc ne remarque pas la présence de Luc. Luc tousse, Sidonie sursaute

Sidonie : Oh la vache !!! (Elle se jette derrière le banc) Mais qu'est ce que c’est que ce truc ? Holalalala ! Le square est envahi ! On nous attaque !! les martiens ?

(Scène 3)

Louisa arrive

Louisa : y'a quelqu'un ??

Sidonie (qui sort la tête): Planquez-vous Louisa!!!(elle montre Luc à Louisa) On a un problème !

Louisa : Nardine bebek !!! (Elle se jette sous le banc en hurlant... et ressort la tête au bout de quelques instants, Sidonie sort la tête avec elle, elles observent un instant, et retournent échanger sous le banc) C'est quoi ça ?

Sidonie : je ne sais pas, ce n'est pas comme nous, on dirait... un homme !

Louisa : Un homme ? Ici ? Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il veut ?

Sidonie : je ne sais pas, je découvre comme vous ! Oh Mon dieu ! LES ENFANTS !! ils sont à découvert, sans protections qu'est-ce qu'on peut faire ?

Louisa : C'est vrai, les enfants !!! mon dieu ! mais qu'est-ce qu'on ta fait pour que tu nous mette face à une épreuve pareille? (elle réfléchit)Je vais y aller !couvrez moi

Sidonie : faites attention, Louisa, ça peut être dangereux !

(Louisa rampe jusqu'aux enfants)

Sidonie : (à part) Quelle héroïne !!!

Louisa : Djilali ! Reste là ! Ne bouge pas ! Non, non !wallah ! Reste là !!(Elle ouvre sa boite de gâteau et jette des pâtisseries plus loin) allez prenez les makrouts, prenez les makrouts !!! et restez où vous êtes ! (elle engueule Djilali en arabe)

Sidonie : géniale la diversion ! Maintenant revenez vite !!!

Scène 3

(les autres mamans arrivent ensemble)

Juliette : mais qu'est ce qui se passe ? Vous n'allez pas bien Louisa ?

Louisa (revenant en rampant) attention, on est attaqué ! là ! (Elle montre Luc, les mamans se resserrent les unes contre les autres, surprises)

Cathy : mais qui est ce ?

Sidonie (sortant de dessous le banc): un homme!! Enfin ça y ressemble sacrément, et j’ai pris le temps de l’observer, il n’a pas un comportement très rationnel… en tout cas, pour un homme, je veux dire !

Carole : Oh mon dieu, quelle horreur !!!

Cathy : un homme ? Ici ? Mais que veut-il ?

Juliette : je ne sais, on dirait…. Que c'est ...un papa !

Nadine : un papa ici ! Non, mais ça ne va pas ?

Juliette : ben réfléchissez, que voulez-vous que ça soit !

Cathy : un papa ??? Non, mais ils pourraient mettre un videur à l'entrée du square

Nicole : on m'a bien parlé une fois d'un papa qui serait venu ici avec ses enfants, il y a bien longtemps... mais je pensais que c'était une légende !

Ludmilla : en même temps si c'est un papa, je vais aller lui parler

Nicole : NON attendez malheureuse, vous ne pouvez y aller comme ça !!!Vous (s'adressant à Carole) vous ne voulez pas aller lui parler ?

Carole : pourquoi voulez-vous que ce soit moi ?

Nicole : et bien parce que vous, vous avez appris à vous méfier des hommes, si c'est un piège, vous ne tomberez pas dedans !

Carole : mais ne dites pas n'importe quoi, les hommes je ne m'en méfie pas, ils ne m'attirent pas, c’est tout !

Nicole : ben justement, ça vous permettra peut-être de mieux le comprendre

Cathy : c'est vrai, nous les hommes, on ne les comprend pas, c'est pour ça qu'on vit avec !

Louisa : moi, en tout cas, je ne vais pas lui parler

Nicole : un homme qui s'occupe de ses enfants, c'est comme une femme qui boit de la bière en regardant un match de foot !

Ludmilla : arrêtez, vous me faites peur !

(Pleurs venant du berceau)

Louisa : Qu’est ce qui se passe ?

Ludmilla : ça pleure dans la poussette, si ça tombe y'a un bébé dedans

Sidonie : t'es bonne toi, dans une poussette, qu'est-ce que tu veux que ce soit ? Un jambon de Bayonne ?

(Le papa berce un peu le berceau les pleurs s'estompent)

Carole : quelle vision étrange ! Mesdames, nous sommes face à un phénomène paranormal !

Juliette : regardez, il berce son bébé et ça le calme

Louisa : mais il fait comme nous ! Pareil ! Ça ne peut pas être un vrai papa, vous êtes sûr que ce n’est pas une maman qui a les cheveux très courts ?

Nicole : enfin, non, vous voyez bien que c'est un homme !!!

Cathy : un homme seul avec ses enfants ? Non, l’humanité n’est pas prête ! Ou alors c’est une caméra cachée ! On nous fait un canular ! cherchez bien ! ça n’est pas normal !

(Nadine sort son portable et photographie la scène)

Sidonie : mais qu’est-ce que vous faites ?

Nadine : Un papa qui s’occupe d’un enfant, je pourrais vendre la photo chère, c’est un peu comme le monstre du Loch-Ness !

Cathy : De toute façon, personne ne vous croira, on dira que c’est une photo truquée !

Nadine : mais de toute façon, comment un papa a-t-il pu arriver là ? Il s'est échappé d'un bistrot ?

Juliette : mais enfin, s'il était juste échoué là ? Peut-être que ses intentions sont pacifiques

Sidonie : vous savez avec ces bêtes-là, il faut toujours se méfier

Carole : oui, en attendant, s'il n'est pas apprivoisé, c'est moi qu'il va attaquer

Nicole : je n’ai pas l'impression qu'il ait un collier, si ça tombe, il n’est pas vacciné

Ludmilla : faudrait peut-être lui donner de la viande crue...Mon dieu ! Il a peut-être la rage !

Juliette : vous en avez de la viande crue, là ?

Ludmilla : euh, non, juste du pain pour les pigeons ! Attention !!!

Nadine : qu'est ce qui a ?

Ludmilla : oh regardez!!!

Nicole : quoi ?

Ludmilla : il s'est gratté l'oreille…qu’est-ce que ça peut vouloir dire ?

Nicole : ben quand c'était un chat qui se gratte l’oreille, ça veut dire qu'il va pleuvoir, un homme, je ne sais pas !

Sidonie : c'est peut-être juste que son oreille le démange !

Nadine : ça me surprend de ta part une analyse aussi simple !

Sidonie : non, mais vous ne voyez pas à quel point vous vous rendez ridicules

Carole : ben si tu nous trouves si ridicules que ça... vas-y toi !!!

Sidonie : oh ben non !

Carole : alors la ramènes pas ! Vous n'auriez pas une canette de bière pour le calmer au cas où ?

Cathy : vous savez, ils ne boivent pas tous de la bière !

Nadine : le mien, c'est un équilibre entre la bière, le vin et le pastis ! C'est grâce à ça que j'ai réussis son dressage !

Nicole : bon, vous y allez ??

Carole : oh c'est bon ça va !!!(elle s'approche du papa) alors, c'est un bon p'tit pépère, hein, c'est un beau papa ça !! Il est gentil le petit papa, beau papa !!

Luc (déconcerté) : heu, bonjour madame

Carole : ah !!! il parle bien le papa !

Luc : heu oui, j'ai quelques notions de langage, le français en particulier

Carole : Vous pouvez venir, il a l'air apprivoisé ! (Les autres s'approchent timidement, Luc éternue, elles reculent, puis finissent par venir derrière Carole)

Ludmilla : oh, il a un joli regard... vous pensez que c'est un papa de race ou un bâtard ?

Luc (à part) : mais où je suis tombé moi ?

Carole : calmez-vous les filles, on va faire connaissance !

Sidonie : peux-tu lui demander ce qu'il est venu faire ici ?

Carole : et y fait quoi le gentil papa dans le petit jardin ? Il a perdu sa baballe ? ohhh ! Il est triste ??

Luc : heu, non, je suis là avec mes enfants, tout comme vous !

Carole : il dit qu’il est venu avec ses enfants !

Cathy : et bien dites-lui que nous ne lui voulons pas de mal, que nous venons juste ici tous les jours

Carole : mon amie me charge de vous dire que nos intentions sont pacifiques, nous ne vous voulons pas de mal

Luc : oui, j'avais compris

Carole : il dit qu'il vous comprend

Nicole : ah, et bien dites-lui que nous aussi nous le comprenons !

Luc : vos amies ne peuvent pas me parler directement, ça pourrait être plus simple

Carole : il dit qu'il ne voit pas d'inconvénient à lui parler directement

Ludmilla : ah bon d'accord !! (À Luc) Vous êtes marié ???

Nadine : oh calme-toi, Ludmilla ! Excusez là, mais elle est curieuse

Luc : non mais y'a pas de mal, oui, je suis marié

Nicole : AVEC UNE FEMME ????

Luc : bien sûr, pourquoi ?

Nicole : (regardant Carole) oh, je ne sais pas, mais avec tout ce qu'on voit de nos jours

Carole : rassurez-vous, il n'y a pas que les prêtres et les homosexuels, il y a aussi parfois des hétéros qui veulent se marier

Nicole : et bien, pourquoi ce n'est pas votre femme qui vient au square ?

Luc : mais parce qu’elle travaille ! elle n'a pas le temps

Ludmilla : et ben et vous, vous ne travaillez pas ?

Luc : moi, non, j'ai pris un congé parental pour m'occuper des enfants

Nicole : vous.... (Elle s'assied, le souffle coupé) mais qu'est-ce que c'est que cette génération ? Les hommes avec les hommes et les femmes avec les femmes... et quand on a un couple normal, c'est l'homme qui joue à être la femme et la femme l'homme

Carole : c'est vrai que ces temps-ci, vos schémas prennent un grand coup dans la figure, vous êtes dépassée ma pauvre dame

Juliette : périmée ...j'ai envie de dire

Louisa : ça veut dire que tous les jours, vous allez venir ici ?

Luc : Tous les jours, je ne sais pas … mais aussi souvent que mes enfants le souhaiteront

Cathy : mais de quoi on va pouvoir parler avec vous ? On ne connaît rien au Foot

Luc : oh, y'a peut être d'autres sujets qui m’intéressent

Ludmilla : moi, je sais de quoi je veux parler avec vous

Nadine : Ludmilla, tu te calmes, ou j'en touche mot à ton mari !!!

Ludmilla : oh si on peut même plus s'amuser !

Sidonie : Vous avez lu Dolto ?

Luc : non

Ludmilla : mais vous écoutez le chanteur Carlos ?

Luc : heu non pas particulièrement

Ludmilla : parce que c'est son fils, mais tout le monde ne le sait pas, y'en a, ils croient que c'est Justin Bieber !!! (Elle pouffe) oh les idiots !!

Nadine : Lulu !!! Tais-toi !!!Ne l’écoutez pas, c'est une vraie blonde, elle est même tellement blonde que les autres blondes se sont rendu compte qu'elle était blonde !!

Carole : mais arrêtez, vous allez l'effrayer, il n'est pas habitué

Luc (énergiquement et passablement énervé) : Bon maintenant ça suffit, mesdames, qu'est-ce qui vous échappe ? Ça semble tellement étrange de voir un homme qui a fait le choix de s'occuper de ses enfants, de son foyer ? Vous vous êtes battues pour avoir des droits, il va falloir que j'en fasse de même ??? Non parce que si c’est nécessaire, dites-le !

Sidonie : mais, il a raison ! Après tout, pourquoi le mien, pendant ses journées de congés, il ne viendrait pas aussi un petit peu ?

Nadine : oui enfin, moi je ne le laisserais pas aller tout seul, j'aurais trop peur de retrouver du vin dans le goûter !

Ludmilla : par contre, moi, si y'a que des hommes qui viennent dans le square, mon mari ne me laissera plus venir ! Donc il ira à ma place

Nicole : et toi, si tu daigne te trouver un mari, j'imagine que lui aussi devra venir ici ? Et bien ma fille, trouves-en un qui ne porte pas la culotte, mais vu l'ère du temps, ça ne sera pas compliqué

Sidonie (à Nicole) : mais c'est n'importe quoi ! Selon vous s'occuper des enfants c'est un aveu de faiblesse ? C'est une activité exclusivement féminine ? Qui vous dit qu'ils n'ont pas envie de le faire ?

Cathy : c'est vrai ça ! Est ce qu'on leur laisse vraiment le choix, est ce que s'ils ne sont pas ici, dans ce square, ce n’est pas un peu aussi de notre faute... regardez, ce monsieur vient ici, de suite on le traite en extra-terrestre... finalement à réclamer l'égalité des sexes, parfois, on devient aussi bête qu'eux ! On est vraiment désolé, monsieur !

Luc : Non, non, d’ailleurs, je m'excuse de m'être emporté à ce point, mais vous savez, Mesdames, mes collègues ont eu du mal à comprendre mon choix, certains ont même remis en doute ma virilité, si vous voyez ce que je veux dire. Alors que vous aussi puissiez être incrédules devant ma décision... c'est franchement déconcertant. Finalement, tout le monde finit par accepter les codes qu'on nous impose ! Les petites filles, ça doit aimer le rose et jouer à la poupée, pour ensuite devenir une bonne mère au foyer... et un petit garçon, ça doit aimer le bleu et jouer aux cow-boys et vouloir devenir pompier ou cascadeur, parce qu'un homme ce n'est pas fait pour s'occuper de son foyer. Alors, si je fais un choix déviant, c'est forcément louche. Si un petit garçon se met à jouer à la poupée, ses parents s'inquiètent pour sa santé mentale, comme si ça aller générer des troubles rédhibitoires. Eh bien moi, j'aime bien le rose, je trouve que c'est une couleur très jolie... et pourtant mesdames, vous n'allez jamais me croire, mais je vous assure que je suis totalement hétérosexuel.

Nadine C'est vrai, on se fait de ces idées, parfois. (S’adressant à son fils) Kevin, prêtes ton camion de pompier à la petite fille !!!

Ludmilla : ben moi, petite j'aime jouer à la Barbie, mais je dois vous avouer que c'est quand même Ken qui m’intéressait le plus

Cathy : ben moi j'aurais aimé petite, jouer avec les petites voitures, malheureusement, je n’avais pas de grand frère pour m'en prêter.

Sidonie : vous étiez fille unique ?

Cathy : oui !

Sidonie : ah, je comprends mieux !

Nicole : ben voyons, parce qu’elle n’a pas eu de frères et sœurs, elle a fait plein d'enfants... voilà l’exemple d’une psychanalyse à deux sous !

Ludmilla : c'est quoi la psychanalyse ?

Juliette : heu…c'est quand tu t'allonge dans un canapé, et qu'un type t'écoute parler, pour régler tes problèmes

Ludmilla : ben si vraiment, il veut régler mon problème à moi, il vaudrait mieux qu'il vienne s'allonger dans le canapé, avec moi. (rire des autres)

Sidonie : Oui, pas bête, on s'emmerderait un peu moins lors des consultations (revenant vers le papa) Donc, c'est bon pour moi, je vous ai adopté !

Juliette : moi aussi.

Les autres (sans Ludmilla) Nous aussi !!!

Ludmilla : ben pour moi, la question ne se posait même pas !

Luc : merci Mesdames ! Je pense que nous allons vivre ici, de biens beaux instants ensembles, ça va devenir une sorte de square de la révolution des genres. Un modèle novateur de société, ou enfin, chaque homme pourra librement vivre sa paternité, sans se poser de questions sur les stéréotypes, sans se soucier des préjugés.

Juliette : c'est vrai. D’ailleurs « I had a dream »!!! Celui de voir les hommes s’asseoir en nombre sur ces bancs

Ludmilla : le rêve de les voir se préoccuper de nos petits, les consoler des petits bobos

Carole : le rêve de les observer se tracasser de la monté de température du petit dernier

Cathy : le rêve de penser qu'ils puissent se demander si les couches achetées n'irritent pas trop les fesses de bébé

Nadine : le rêve de les laisser surveiller que le grand ne se mette pas en danger en haut du toboggan

Louisa : le rêve de les imaginer sortir leur mouchoir, quand nos enfants ont le nez qui coule

Nicole : le rêve qu'ils passent un instant de la soirée à aider aux devoirs

Sidonie : ou simplement le rêve qu'ils puissent nous demander le soir en rentrant s'il doit préparer le repas des enfants

Juliette : oui, quel monde merveilleux cela ferait il !!!

Ludmilla : pendant que nous on boirait de la bière en regardant le match de foot !

Cathy : euh on ne va peut-être pas exagérer non plus !!!

Luc : mesdames, excusez-moi...je n'ai pas voulu interrompre votre rêve... mais ce ne sont pas vos enfants qui sont en train de filer du square, là-bas

Nadine : mon dieu, les enfants !!!

Les mamans sortent en appelant leurs enfants en pleine panique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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