Magouilles, Combines, Et Compagnie

Une famille invente toutes les magouilles possibles pour s’en sortir. Tout serait parfait si leur fils ne s’était pas mis en tête d’entrer dans la police.

Décor (1)

Salon plus ou moins contemporainOn sent la récup.

ACTE 1

Scène 1 : Jojo, Béa

le téléphone sonne ; Béa entre.

Béa / Ca va ! Y'a pas l'feu ! …. (Elle décroche et parle d'une voix très aimable) Aux bonnes affaires à votre service, j'écoute. ... (Sur un ton très étonné) Vous n'avez pas été livré ? Ah ! ... Vous aviez commandé quoi ? … La lampe de chevet avec le hamster qui fait de l'électricité en tournant dans sa cage ? … Et vous ne l'avez pas reçu ? … Vous êtes sûr ?

Jojo entre

Jojo / Encore un emmerdeur ! Qu’est-ce qu’il veut ?

Béa / La cage avec le hamster qui pédale.

Jojo / Y'en a quand même qui en tiennent une sacrée couche. Plus c'est gros, plus ça passe. Donne-le moi.

Béa / (Au téléphone) … Ne quittez pas, je vous passe la direction !

Jojo prend le téléphone

Jojo / Bonjour ! Le directeur à l'appareil. Alors, comme ça, vous n'avez pas reçu votre lampe ? … Oui. Vous avez entièrement raison ; c’est inadmissible. ... Mais vous savez, le personnel de nos jours … Malheureusement, nous ne sommes pas responsables du mauvais fonctionnement de la livraison. … Sinon, ça n'arriverait jamais. .. Comment ? ... Le chèque ? .. Si nous l'avons déjà encaissé ? Je vérifie.

Jojo / (En aparté) Il veut qu'on l'rembourse.

Il reprend le téléphone


Jojo / Nous l'avons déjà encaissé. Oui, nous avons un service comptable très compétent. ... Oui. Naturellement nous annulons la commande et nous vous remboursons. ... Combien ? Quatre-vingt pour cents de votre commande. Nous gardons vingt euros. Pour les frais. Il faut bien faire vivre notre société, sinon comment pourrions-nous servir nos clients ?... Et si jamais, le colis arrive chez vous.

Béa fait un geste signifiant qu'il ne l'aura jamais.

Jojo / Et bien tant pis pour nous ! ... Alors, il est d'accord ? ... Oui … Le chèque part à l'instant. ... Mais non, ce n'est pas la peine de me remercier. Chez nous, c'est le client d'abord ! .. C'est ça. Vous ne voulez pas commandez autre chose ? Nous avons un paillasson qui fait de la musique quand on s’essuie les pieds. Ca remplace une sonnette ! C’est très amusant.. Oui ? Non ? Un autre jour peut-être ? .. Oui.. C’est ça. Alors, bonne journée !

Il raccroche


Jojo / L'abruti. Il croit qu'il vient de gagner cent quatre-vingt euros. Et nous, on lui en a piqué vingt. Le génie, c'est qui ?

Béa / Et s’il portait plainte ?


Jojo / Pour vingt euros ? Vu le prix d'un procès, ça m'étonnerait. Une bonne arnaque, c'est quand le client est content. Faut faire dans le petit. Le petit, ça rapporte gros.


Béa / Oui mais faudrait en ramasser un peu plus pour faire les courses.

Jojo / Ah c'est vrai, les courses. J'achète quoi ?

Béa / Je t'ai fait une liste. Du fromage, un poulet, des légumes, du pinard, et pour le reste, t'achètes pour la semaine.

Jojo / (Regardant les billets) Ils sont secs ?

Béa / Ca fait deux jours qu'ils sont sur le fil, ils devraient être secs.

Jojo / Alors, du fromage, un poulet, des légumes. ((Il enlève quelques billets accrochés au fil à linge) Ils sont plus vrais que les vrais. Angélique est vraiment douée.


Béa / On a bien fait de l'envoyer aux Beaux-Arts.


Jojo / Ca c'est une gentille fille. Et t'as vu ce tableau ? Picasso n'aurait pas fait mieux.

Béa / La peinture, c'est l'avenir.


Jojo / En plus, y'a un collectionneur qui veut absolument l'acheter.

Béa / Il vient quand ?

Jojo / Il ne l'a pas dit, il veut rester discret.

Béa / T'as le certificat ?

Jojo / Évidemment ! J'ai le certificat. Un faux bien sûr. Eh ! Jojo, il a un cerveau.

Béa / (Pas convaincue) Ouais.. On va lui vendre combien ?

Jojo / Cher ! L'art, ça n'a pas de prix.

Béa / J'espère. Tu vas les faire où, les courses ?


Jojo / A quarante kilomètres. Faut qu'on change de secteur, sinon, avec notre monnaie de singe, on finirait pas se faire choper.

Béa / Tu n’vas pas y aller comme ça ? Si on te reconnaît ?

Jojo / T'inquiètes ! Le génie, c'est qui ?

Jojo rentre dans une chambre

Béa / Le génie, le génie, et moi je suis Einstein.

Scène 2 : Béa, Bernadette

Un des téléphones sonne. Elle se recoiffe rapidement puis décroche)

Béa / (Elle parle d'une voix très sensuelle) Aux bonnes affaires j’écoute ! Monsieur Robert... Bonjour monsieur Robert.. Vous désirez ? Une femme…. Quel âge ? … Vous vous en foutez. … Bien. ... C'est pour faire quoi ? Une bonne cuisinière. Bien sûr.. . … Je regarde ce que nous avons en stock et je vous envoie la photo aussitôt. … Et si la photo vous plaît, nous vous mettons en contact. .. C'est combien le contact ? Deux cents euros le contact, mais attention, la photo est gratuite. … Et si elle ne vous plaît pas, nous pouvons vous en envoyer d'autres. … Par contre avec un petit paiement, pour les frais. Cinquante euros seulement la photo. … Oui, mais comme on dit, le bonheur, ça n'a pas de prix. Alors ? …. Vous l'aurez très très vite. Et si cela vous convient, vous me rappelez, et je vous fixe un petit rendez-vous. Alors, à bientôt…. Robert..

Elle raccroche. Elle crie et prend un appareil photo.

Béa / Maman !

Bernadette entre et s'arrête devant sa fille.


Béa / Bouge plus.

Béa la prend en photo.

Bernadette / C'est encore pour moi ?


Béa / A deux cent cinquante euros le rendez-vous, ce serait dommage de ne pas le rencontrer.

Bernadette / C'est qui, celui-là ?

Béa / C'est pas une lumière, mais il veut une femme.

Bernadette / Pour quoi faire ?


Béa / La cuisine. Il aime bien bouffer.

Bernadette / Et il ne fait pas la cuisine. Tous les mêmes. Et si jamais je lui plais ?

Béa / Il veut une femme pour la cuisine, c'est pas pour se taper des restes.

Bernadette / Merci, ça fait toujours plaisir.

Béa / Tu sais bien que je plaisante.

Le téléphone sonne à nouveau. Bernadette repart en râlant.

Bernadette / Ce qu'il faut pas faire pour s'en sortir.

Le téléphone sonne, Béa décroche.

Scène 3 : Béa, Jojo

Béa / Aux bonnes affaires, j'écoute ! .. Ah ! Monsieur Jacques ! .. Ca n'a pas marché avec votre dernier contact. (Simulant l'étonnement) Mais comment ça s'fait ? .. Vous voudriez essayer autre chose... Mais bien sûr.. ... Un homme ? .. Vous voulez essayer ? .. (Étonnée) Bien. Mais vous avez l'droit. Alors... Je vous envoie une photo dès réception de votre paiement bien sûr. Pour nos petits frais. Oui. Cinquante euros. (D'un air las, regardant le public) Le bonheur ça n'a pas de prix.. Et si ça marche, on vous arrange le petit rendez-vous. Oui. Oui. Merci. Mais c'est normal. Nous sommes à votre service. Le client d'abord ! Alors, au revoir monsieur Jacques. A bientôt.. (Elle raccroche)

Béa / C'est la meilleure ! (Crié) Jojo !

Scène 4 : Béa, Jojo

Jojo entre. Il est costumé en curé.

Jojo / Bonjour ma sœur..

Béa / J'y crois pas.

Jojo / L'abbé Jojo, l'abbé qu'il vous faut !

Béa / Ca donne envie d'aller à la messe. (Elle rit)

Jojo / Il n'y a de beauté que celle du cœur. (Façon curé, vers le public) Mes chères sœurs, mes chers frères. Qui n'a pas tout donné n'a rien donné. ! Envoyez la monnaie !


Béa / En attendant j'ai besoin de toi pour une photo. Monsieur Jacques.

Jojo / Le vieux vicieux ? Il continue ?


Béa / Oui, et maintenant, il veut rencontrer un homme.

Jojo / Un homme ?

Béa / C’est ça. Alors tu vas y'aller et tu fais ce qu'il faut.

Jojo / Et si je lui plais, je lui dirai que le bonheur, ça se construit avec le cœur.

Béa / Et après ?


Jojo / Je l’envoie chier.


Béa / (Elle prend la photo) Souris.

Jojo / (Il sourit) Tu me prends en curé.

Béa / Je ne prends que le haut.


Jojo / Remarque en curé... Des fois.. Ca peut plaire..

Béa / C'est pas la peine, il n'est pas catho.

Jojo sourit. Béa prend la photo.

Jojo / Bon. Et maintenant, les courses.

Béa / Fais gaffe à pas te faire piquer !

Jojo / Oh ! Tu sais à qui tu parles ? Jojo la magouille, et Jojo la magouille, il s'en met plein... Les fouilles !

Béa / Y'a aussi Jojo l'andouille. Jojo la bidouille.


Jojo / Et Jojo les papouilles ! (Il s'approche d'elle) Tu le connais, Jojo les papouilles ?

Béa / Je connais, mais là je bosse. Bas les pattes monsieur l'curé !

Jojo / Bien ma sœur. Je vous laisse dans les mains du seigneur.

Jojo sort

Scène 5 : Béa, Angélique


Béa / (Parlant toute seule) Y'a des jours je me demande si en l'épousant, je ne me suis pas faite arnaquer.

Elle se maquille, met des lunettes noires, une perruque blonde et décroche un autre téléphone. Elle compose un numéro puis elle parle avec un accent étranger. (Accent au choix)

Béa / Allô ? Je peux pas parler trop fort. Je suis pas toute seule. (Très triste) Tu sais, ça va pas du tout. Ma famille, elle est pas gentille. Elle ne m'aime pas ; et moi, je n'ai que mes yeux pour pleurer. J'aimerais tellement te rejoindre. Pour être heureuse. Mais l'avion, il coûte cher.

Angélique entre

Angélique / T'appelles qui ?

Béa / Chut. .. Sans ça, jamais je pourrai venir. …. Combien j'ai besoin ? Trois mille euros. …. Oui, mais le bonheur, ça n'a pas de prix.

Angélique / Trois mille ! Et bien dis donc.

Béa / Oh ! Tu me veux bien. Oh tu es gentil, tu me sauves la vie. Alors, pour les sous, je te donne le numéro de compte : 22 33 2 5 6 12 11 15. Le CPT. Crédit Pour Tous. Au Luxembourg. C'est au Luxembourg. Parce que j'ai pas le droit d'avoir un compte dans mon pays. Tu te rends compte ? … Oui. Dès que j'ai les sous, je saute dans l'avion. Et après dans tes bras. Oui. Oui. Oui. Ouiiii.. Mais fais vite. Attends, je t'envoie une nouvelle photo de ta petite chérie. C'est gratuit.

Elle se prend en photo et lui envoie puis elle raccroche

Béa / J'en ai connu des abrutis, mais à c'point là, c'est rare.

Angélique / Il a marché ?

Béa / Il marche pas, il court.

Angélique / Trois mille euros, ça fait cher la photo.

Béa / Le bonheur ça n'a pas de prix. Et ton rendez-vous, ça s'est passé comment ?


Angélique / Comme sur des roulettes.

Béa / Ca m'étonne pas. Dans la famille, on a toujours fait tourner les hommes en bourrique. Il a quel âge ?


Angélique / Quatre-vingt-dix.

Béa / Quatre-vingt-dix. C'est un bel âge.

Angélique / Mais il les fait pas. (Elle rit) Il fait plus.

Béa / Je te l'avais dit : Faut pas faire les boîtes, faut faire les thés dansants. Y'a du vieux, et les vieux, ils ont du pognon. Vous avez dansé ?

Angélique / Faudrait déjà qu'il tienne debout.

Elles rient toutes les deux

Béa / Et après ? Il t'a fait quelque chose ?

Angélique / Pas grand-chose...

Béa / T'as raison. Faudrait pas qu'il claque avant d'avoir aligné son fric.

Angélique / Comme on dit, faut pas gaspiller son capital.

Béa / Il t'a déjà parlé de ton avenir. Hé ! Parce que le sien…

Elles rient toutes les deux.

Angélique / Je lui ai dit que je préférais les hommes mûrs.

Béa / Surtout très très mûrs. Les bonnes poires !

Angélique / Il aime bien les jeunes. Pour lui, c'est comme s'il commençait une nouvelle vie.


Béa / Ca risque plutôt de la raccourcir. (Elle rit) Tu le revois quand ?

Angélique / Dans deux jours. Y'a une galette des rois.

Béa / Faudra pas qu'il avale la fève. (Elle rit)

Angélique / Et après, je le ferai un peu mariner.

Béa / T'as raison. Les hommes, faut qu’ça marine ! Et après, à la caisse !

Angélique / Fais moi confiance, je ne l'raterai pas.

Béa / Sinon, pour après.. T'en a d'autres sur le feu ?

Angélique / J'ai repéré un deux petits vieux, mais ce sera pour plus tard. Chacun son tour.


Béa / (En riant) Faudrait pas qu'ils se battent !


Angélique / Au fait ! Papa, il est où ?

Béa / Il est parti faire des courses.

Angélique / Et Jean-Pascal ?

Béa / Il étudie dans sa chambre. Il étudie ! .. Alors qu'on a besoin de lui. Tu parles d'un fainéant. A son âge, moi je vendais déjà des billets de tombola. J'en vendais même aux gendarmes.

Angélique / C'était quoi comme lots ?

Béa / Pour la première tombola que j'ai faite, c'était la cafetière de ta grand-mère. Ca tombait bien, elle en avait marre. Après je suis passée à la vitesse supérieure. Toujours la tombola mais avec des faux billets de loterie.

Scène 6 : Béa, Bernadette, Angélique

Bernadette entre

Bernadette / T'as raison, faut toujours viser au-dessus !

Béa / Angélique a harponné un p'tit vieux. Quatre-vingt dix balais !

Bernadette / Les vieux c'est l'avenir. C'est bien ma petite, tu iras loin.

Béa / C'est pas comme son frère.

Bernadette / Oh oui ! On n’a pas eu de chance avec lui.

Angélique / Bon, moi, je vais y aller. Je ne voudrais pas être en retard.

Béa / Tu vas où ?

Angélique / A mon cours de peinture.


Béa / Avec ton jeune prof... C'est pas une fois par semaine ?


Angélique / Il trouve que je suis douée. Alors il me donne des cours particuliers, et gratuits.


Béa / Des cours particuliers gratuits ?

Angélique / On a trouvé un arrangement.

Béa / Va pas t'embêter avec un bonhomme ! Et surtout pas avec un seul.

Angélique / Faut pas vous inquiéter.


Béa
/ Ah mais si. T'es à l'âge où on fait des conneries. Comment tu crois que je t'ai eue ? Fais c’que tu veux, mais prend la pilule !

Angélique sort

 

Scène 7 : Béa, Bernadette,

Bernadette / T'en fais pas, elle s'en sortira toujours.

Béa / Tu t'rends compte qu'à trois ans, elle revendait les bonbons qu'on lui donnait à l'école maternelle. Les gamins payaient avec leur agent de poche, ou des billes, des jouets, ou des gâteaux..

Bernadette / Ca s'appelle la vocation.

Béa / Je ne regrette pas de l'avoir faite.

Bernadette / Bon, et bien, moi, je vais aussi ramener un peu de pognon.

Béa / Tu sais que tu n'es pas obligée. Tu pourrais arrêter.


Bernadette / Bernadette, elle connaît pas la retraite ! Je n'ai pas une tête à faire des parties de dominos avec des vieux. Je laisse ça à Angélique.

Toutes les deux rient

Bernadette / Sacrée Angélique

Béa / Et moi faut que j'aille voir l'assistante sociale. Elle m'a appelée, j'ai l'impression qu'elle a des doutes.

Bernadette / Celle-là, faut toujours qu'elle se pose des questions. C'est quand même pas de notre faute si on a du mal à joindre les deux bouts.

Béa / Je vais encore être obligée de lui glisser un petit billet pour qu'elle nous foute la paix.


Bernadette / Les assistantes sociales, elles sont plus malheureuses que nous.

Béa / Et nous, on fait sans arrêt des efforts, et on n'est pas soutenu.

Bernadette / T'es dans la merde ; t'en a jusque-là ! Et si t'en n'a pas assez, on t'enfonce encore plus.

Béa / Bon. Je vais me préparer.

Bernadette / Et moi, pendant ce temps, je vais bien trouver une poire.

Béa / T'as besoin de beaucoup d'argent ?

Bernadette / J'aimerais bien m'offrir une nouvelle paire de seins.

Béa / (Perplexe) Tu veux te les faire refaire ?

Bernadette / Ben oui. Le reste, ça va. Y'a que les seins qui déconnent.

Béa / Tu fais c’que tu veux, mais à ta place, je laisserai tomber.

Béa sort.

Scène 8 : Bernadette, Jean-Pascal

Bernadette / Jamais ! Mes seins, j’y tiens !

Bernadette regarde le journal et cherche la page des avis de décès.

Bernadette / Alors... mariages... On s'en fout. Naissances... On s'en fout.. Ah ! Avis de décès... Ca c’est bien. Alors... C'est qui qu'est mort ? …. Non... Non... … Ben voilà... Il habite où, le veuf ? ... Alors, on va l'appeler tout d'suite. …. Il est où mon texte ?

Elle compose le numéro et parle ensuite d'une voix très chaude et mystérieuse. (Elle lit son texte posé sur la table)

Bernadette / Bonsoir... Monsieur Louis... D'abord, je tiens à vous présenter mes sincères condoléances... Oui... Je suis une amie…. De votre femme. ... Je suis... Comment dire ? Josépha... J'ai hésité à vous appeler mais il s'est passé quelque chose…. J'ai eu une vision... Oui... Votre épouse... Je l'ai vue en rêve. ... Non monsieur, je ne raconte pas des histoires. Je veux simplement vous aider à surmonter votre douleur. Et votre ancienne épuuse, je l’ai bien vue. D'ailleurs, elle vous embrasse. …. . Ah si, elle m'a parlé ? ... Oh la la ! Elle va bien ? Elle m'a dit qu'elle vous aimait beaucoup. … Ca vous étonne ? … En tout cas, c'est ce qu'elle m'a dit. ... Si, si. J'ai un don ? ... Je vois tout, je sais tout. Par exemple, je peux vous dire ce qu'il y'a chez vous.

Pendant ce temps, Jean-Pascal entre. Il porte un costume et il est très bien habillé. Abasourdi, il l'observe sans qu'elle s'en rende compte.

Bernadette / Un réfrigérateur, une machine à laver, une télévision. …Je sais, c'est un don, mais parfois c'est pénible. Si vous saviez la vie que je mène, je suis toujours dérangée... Tout le monde m'appelle. Que des morts. … Oui. Alors elle m'a parlée d’autre chose. Des économies. .. Ca vous étonne ? ... Si si. Pas énormément, mais pas mal quand même ... Où est-ce qu'elle a caché le pognon ? Je veux bien vous le dire mais vous savez comment sont les gens... Ils profitent de moi. .. Euh.. Cent cinquante euros, mais vous pouvez donner plus si vous voulez. .. Je vous le dirai aussitôt après... Alors… Vous envoyez ça au Luxembourg. Numéro de compte 902 4287659344211. Le CPT. Crédit Pour Tous. Crédit pour tous. Au Luxembourg. ... Oui, au Luxembourg. Oui, parce que les autres banques... Alors ! 22. Comme vingt-deux vlà les flics. 33, comme chez le docteur. 2 5 6 12 11 numéro complémentaire, le 15. C'est noté. .. Ne me remerciez pas ; je fais ça pour aider. Alors, à très bientôt... Et bonne journée !

Elle raccroche

Bernadette / (Vers le public) Les bonhommes, ça gobe tout !

Jean-Pascal / Ce n'est pas très honnête.

Bernadette / Pas honnête ? Il ne m'a même pas demandé des nouvelles de sa femme !

Jean-Pascal / C'est normal, elle est décédée.


Bernadette / Si sa femme l'a entendu, je suis sûre qu'elle est d'accord avec moi. Lui, il ne s'intéresse qu'à son pognon. Les hommes, faut toujours qu'ils profitent de notre faiblesse !

Jean-Pascal / Moi, je ne ferai jamais ça.

Bernadette / Ah oui ? Et qu'est-ce que tu feras dans la vie ?

Jean-Pascal / Commissaire de police.


Bernadette / (Abasourdie) Commissaire de police ?

Jean-Pascal / Moi, je suis pour le respect de la loi.


Bernadette / Le respect de la loi... Et le respect de la famille, tu connais ?

Jean-Pascal / (Voyant les billets de banque sur le fil) Et les faux billets, je vais les brûler.

Bernadette / On touche pas au pognon ! Respecte au moins le travail de ta sœur. Elle s'est donné du mal !

Jean-Pascal / La fausse monnaie, c'est interdit. En plus, on peut faire jusqu'à trente ans de prison.


Bernadette / Trente ans ; ça m'étonnerait que j'aille jusqu'au bout.

Jean-Pascal / Et après, on va en enfer.

Bernadette / En enfer ? Parce que tu trouves qu'ici c'est le Paradis ? On n'est pas dans un monde de Bisounours. Ici, c'est la loi de la jungle ! Tu veux que je te dise, t'as été trop gâté. Pourri gâté ! Tu finiras mal, c'est moi qui te l'dis.

Jean-Pascal / Quand je serai commissaire, je serais obligé de dire la vérité.

Bernadette / Tu dénoncerais tes parents ? Tu dénoncerais ma fille ? La chair de ma chair dénoncerait sa propre chair ?

Jean-Pascal / C'est pas bien de voler l'état.


Bernadette / Ce qu'il faut pas entendre comme conneries ! Et l'état alors ? Les impôts, c'est pas du vol ?

Jean-Pascal / Les parents, ils n'ont jamais payé d'impôt.


Bernadette / Oui, mais s'ils en payaient ? Hein ? S'ils en payaient ?

Jean-Pascal / Faudrait d'abord qu'ils travaillent.

Bernadette / Mais c'est qu'il a réponse à tout, ce p'tit con. Avec quoi tu crois que tes parents t'ont payé tes études ? Tout ça pour être commissaire de police. Si ton grand-père t’entendait ! heureusement qu’il est mort ; il avalerait son dentier.

Jean-Pascal / Mon grand-père ne faisait rien de mal.

Bernadette / Après son accident, c'est sûr.

Jean-Pascal / Il a eu un accident ? On ne me l'a jamais dit. C'est arrivé comment ?

Bernadette / Il a fini sur le trottoir.

Jean-Pascal / Il faisait le trottoir ?

Bernadette / Y'a un type qui lui est passé dessus avec son vélo.

Jean-Pascal / Avec son vélo ?

Bernadette / Résultat : paralysé des fesses. Mais il a touché une pension. Faut dire qu'il en a fait des tonnes. C'était un artiste.


Jean-Pascal / Et c'est tout ?

Bernadette / Le problème, c'est que ça n'a pas duré longtemps. Il est mort deux mois après. Résultat, la pension, tintin.

Jean-Pascal / J'en savais rien.

Bernadette / Et bien maintenant, tu l'sais.

Jean-Pascal / Bon, moi, je vais sortir, j'ai rendez-vous avec un commissaire. C'est pour faire un stage.


Bernadette / Un stage chez les flics ! Il nous aura tout fait.

Jean-Pascal / C'est à dix kilomètres. Je vais y aller avec la voiture.

Bernadette / C'est pas la peine, ton père l'a prise.

Jean-Pascal / Il a pris la voiture ? Mais il n'a pas l'permis !

Bernadette / Il a l'tien.

Jean-Pascal / Mais c'est interdit.

Bernadette / C'est interdit, c'est interdit.. Il est interdit d'interdire !

Jean-Pascal / Et s'il se fait contrôler ?

Bernadette / T'a toujours fait vieux, ça n'se verra pas.

Jean-Pascal /Et moi ? Je fais comment ?

Bernadette / T'as qu'a piquer une bagnole.

Jean-Pascal / Tant pis, je vais faire du stop.

Bernadette / Habillé comme t'es, les gens vont se méfier.

Il sort


Bernadette / (En colère) P'tit con.

Le téléphone sonne

Bernadette / C'est pas l'moment ! (Elle répond en imitant un répondeur avec une voix mystérieuse) Bonjour... Vous êtes bien chez madame Josépha. Tarot, voyance à distance, votre passé, votre avenir. Nous sommes absents pour le moment mais veuillez laisser un message en indiquant précisément votre nom, votre adresse, ainsi que votre numéro de compte en banque. Nous vous appellerons dès notre retour. Alors à bientôt...

Elle raccroche

Bernadette / Commissaire de police ! La honte !

ACTE 2

Scène 1 : Jojo, Bernadette,

Jojo est au téléphone. Il est habillé en curé.

Jojo / Comment ça, le compte est à découvert ? … Je sais bien que vous êtes le directeur de la banque mais quand même, qu'est-ce que vous avez fait du pognon ?.. On aurait trop dépensé ? Nous ? ..Comment ? ... Faut qu'on vous donne de l'argent ? .. Avant la fin de la s'maine ! ... Sinon vous allez faire une saisie ! .. Vous pouvez saisir la baraque si vous voulez, elle est pas à nous ! ... Bon, d’accord, je vais vous faire un chèque ! ... Vous ne voulez pas ? Faudrait savoir ! .. Et si vous nous faisiez un prêt pour qu'on vous rembourse ? ... Ah ! ... Euh... Excusez-moi. J'entends plus ! Allô ? Allô ?

Il raccroche

Jojo / Les banques, on leur donne ça, ils veulent ça. (Crié vers le public) Les banquiers, tous des voleurs !

Bernadette entre

Bernadette / Bonjour mon père. Vous allez faire le tronc d'une église ?

Jojo / Non. J'ai un enterrement cet après-midi.


Bernadette / Un enterrement ?


Jojo / Quand je suis allé au supermarché, y'a quelqu'un qui cherchait un curé pour un enterrement parce que le leur est en vacances aux Bermudes.

Bernadette / Et vous avez accepté ?


Jojo / Forcément, y'aura une quête.


Bernadette / Et si ça se passait mal ?


Jojo / En général, les enterrements, ça se passe bien.

Bernadette / Vous n'avez jamais fait d'enterrement !


Jojo / J'ai en ai vu des dizaines. Je pourrais même faire le vôtre, ça ferait des économies.


Bernadette / Rêvez pas trop, je me débrouillerai toute seule.

Jojo / L'enterrement, avec moi, ça va pas durer des heures.


Bernadette / Oui. Et bien, je ferai une petite prière.


Jojo / Je n'y crois pas beaucoup.


Bernadette / Ce n'est pas pour vous, c'est pour nous. Pour que là- haut, il nous envoie un peu de pognon.

Jojo / C'est sûr que ça ne nous ferait pas d'mal ; la banque a encore appelé.

Bernadette / Laquelle ?

Jojo / Celle d'ici. On est dans l'rouge.

Bernadette / Et les économies dans le petit coffre de la chambre ?

Jojo / Celles-là, on n’y touche pas. C’est en cas de coup dur.

Bernadette / Y'a qu'à faire un virement avec celle du Luxembourg.

Jojo / Au Luxembourg c'est pas mieux. On n'a pas eu des rentrées énormes ces dernières semaines. Par contre, pour les dépenses, ça ne baisse jamais.


Bernadette / Vous dîtes ça pour moi ?

Jojo / Je dis ça comme ça.


Bernadette / Parce que si c'est ça, je signale que le matin, je ne prends que deux biscottes, mais si faut en prendre qu'une, je peux me priver. J'ai l'habitude.


Jojo / On a encore les moyens de payer une biscotte. Non ce qu'il faudrait c'est une solution.

Scène 2 : Jojo, Bernadette, Jean-Pascal

A ce moment, Jean-Pascal entre. (Impeccablement habillé) Il passe d'une pièce à l'autre.

Jean-Pascal / Bonjour papa. Bonjour mamie.


Jojo / (Pas du tout convaincu. Regardant Jean-Pascal) Ouais… Une vraie solution..

Bernadette / Moi, y'a des trucs que je n’peux plus faire.

Jean-Pascal repasse dans l'autre sens.

Jojo / (Regardant Jean-pascal) T'oublies pas quelque chose ?

Jean-Pascal / Non ? Pourquoi ?

Jojo / Le plombier ! T'es au courant qu'on doit envoyer un plombier à Saint Guignoute.

Jean-Paul / Faut que je fasse le plombier ?

Jojo / Je n'vais pas y aller en curé !

Jean-Paul / C'est moi qui doit y aller ?

Jojo / On va pas envoyer ta grand-mère.

Bernadette / J'ai très bien connu un plombier...

Jean-Paul / Je n'suis pas plombier !

Jojo / Moi non plus ! Alors tu y vas, tu regardes et tu fais un devis.

Jean-Pascal / Un devis ? Pourquoi ?


Jojo / Un joint à remplacer. Un devis de cent euros. T’encaisses le devis. En espèces ! Et tu rentres.

Jean-Pascal / Et la fuite ?


Jojo / Tu coupes l’eau et tu dis que tu reviens dans une heure et tu prends la fuite !


Jean-Pascal / Je prends la fuite ? Et après, j’y retourne ?

Jojo / Tu fais semblant ou c’est naturel ?

Jean-Pascal / Faut que je me change ?

Jojo / Un plombier en costard, c’est pas crédible

Jean-Pascal / Et puis j’ai rendez-vous au commissariat.

Jojo / Ah oui ! J’oubliais, monsieur veut entrer dans la police. Et bien les poulets attendront. Tiens voilà l'adresse. (Il lui donne un papier)

Jean-Pascal part se changer.

Jean-Pascal / C’est pas juste.

Scène 3 : Jojo, Bernadette, Béa, Jean-Pascal

Jojo / Si ça s'trouve, c'est pas mon fils.

Bernadette / C'est possible, mais moi, c'est mon petit fils.

Jojo / Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter un gamin pareil ? Il veut entrer dans la police !

Grand- mère / Tant qu'il ne parle pas de nous, ça va.

Jojo / Il a intérêt. Sinon je le déshérite.


Bernadette / Le déshériter. On n'a pas un radis.

Jojo / Et la caisse noire ! C’est pas des radis, ça ?

Bernadette / Ah oui. On a toujours la caisse noire.

Béa entre

Béa / Qu'est-ce qu'il se passe avec Jean-Pascal ? Il est venu me voir, il était en larmes.


Jojo / Il est venu pleurer dans les jupes à sa maman.

Béa / T'es trop dur avec lui.

Jojo / Trop dur ? Il croit que ça va lui tomber tout cuit.

Béa / C'est encore un enfant.

Jojo / Encore un enfant ! Moi, madame, à trois ans, j’avais déjà braqué le marchand de glaces.

Bernadette / Un marchand de glaces ?

Jojo / Avec un pistolet en plastique.

Béa / Et alors ?

Jojo / Ca l’avait bien fait rigoler, j’en ai eu une gratuite.

Béa / Jean-Pascal finira bien par s'y mettre.


Jojo / Mon fils dans la police ! Après tous les sacrifices qu'on a faits !

Béa / En plus, tu l’envoies faire le plombier.

Jojo / Je ne l’ai pas envoyé braquer une banque !

Bernadette / Manquerait plus que ça.

Jojo / Je suis d’accord. Jamais de violence ! Nous on vole mais avec de la douceur. Nous, on a une éthique.

Béa / Peut-être qu’il réussira en étant honnête.

Bernadette / C’est vrai qu’il est bien élevé.


Jojo / Bien élevé ! Après tout ce qu’on a fait !

Jean-Pascal entre. Il est costumé en plombier (Genre Super Mario) Il tient une boîte à outils.


Jean-Pascal / Bon, ben, au revoir papa, au revoir mamie, au revoir maman. (Genre larmoyant) Vous viendrez me voir en prison ?

Jean-Pascal sort

Scène 4 : Jojo, Bernadette, Béa

Jojo / (Murmuré) Collabo.

Béa / Bon. Moi j'ai les courses à faire. Aujourd'hui, c'est mon tour.

Jojo / Tu vas y aller comment ?

Béa / Je n’vais pas y aller à poil. J'ai ce qu'il faut dans la bagnole.

Béa sort

Scène 5 : Jojo, Bernadette, Angélique

Bernadette / Elle ne se laisse pas faire, hein ?

Jojo / Oh vous l’ancêtre, ça va !

Bernadette / Vous savez ce quelle vous dit, l'ancêtre ?

Jojo / Elle dit ce qu'elle veut, je m'en fous.

Angélique entre

Angélique / Salut tout l’monde ! Alors, ça boume ?

Bernadette / Angélique ! Quoi d'neuf ?

Angélique / C'est pas du neuf, c'est que du vieux.

Jojo / Au fait ! Ton petit vieux, t'en est où ?

Angélique / Il mijote.

Bernadette / Bravo !

Angélique / J'ai trouvé l'bon pigeon. Et celui-là, quand je l'aurai plumé, il ne lui restera pas grand-chose.

Bernadette / Il a beaucoup de pognon ?

Angélique / Il est bourré d'pognon ! T'appuies dessus, il en sort par les oreilles.


Jojo : Ca c'est bien. Et il a de la famille ?


Angélique / Ils sont tous morts.

Jojo / C'est génial.

Bernadette / Je l'ai toujours dit, elle ira loin.

Angélique / Il est raide dingue de moi.

Jojo / Il sait quel âge tu as ?

Angélique / Ah oui ! Et il n'aime pas les vieilles.

Bernadette / Ca dépend qui...

Jojo / Tu nous le présentes quand ?

Angélique / Maintenant. Il attend dehors.

Jojo / Il attend dehors ! Mais faut le faire rentrer tout d'suite !

Bernadette / Faudrait pas qu'il prenne froid.

Angélique / Je l'appelle ! (Crié) Gaston ?

Scène 6 : Jojo, Bernadette, Angélique, Gaston

Gaston entre. Il marche péniblement. Il tient à la main une petite valise. Il parle difficilement, ne voit pas grand-chose, et il est à moitié sourd. Il crie souvent quand il parle.

Gaston / C'est joli, la maison de retraite !


Jojo / Bonjour.

Gaston / Comment ?

Angélique / Ah oui ! Je n'vous ai pas dit, il est un peu sourd.

Ensuite, toute la famille doit crier quand elle parle à Gaston

Jojo / Bonjour !

Gaston / Oui, j'ai éteint l'abat-jour.

Jojo / Il comprend ce que j'dis ?


Angélique / Pas tout l’temps !

Bernadette / Bonjour Gaston. Moi c'est Bernadette.

Jojo / Bonjour monsieur.


Bernadette / Monsieur ?


Angélique / Il ne voit pas très clair non plus.

Bernadette / Il ne voit pas, il n’entend rien, il marche un peu quand même ?

Angélique / Oui, mais pas vite.

Gaston / C'est à quelle heure le goûter ?

Jojo / Il veut bouffer ?

Angélique / Y'a bien un bout de gâteau qui traîne.

Bernadette / Je m'en occupe.

Bernadette va chercher un gâteau.

Scène 7 : Jojo, Angélique, Gaston

Jojo / Il veut peut-être s'asseoir ?

Gaston / Non merci. Pas ce soir.

Angélique / Le monsieur te demande si tu veux t'asseoir !

Gaston / J'ai pas d'arrosoir.

Gaston s'assoit.

Jojo / Alors comme ça, vous voulez vous marier ?

Gaston / Ah oui ! J'aime bien me marrer.

Jojo / D'accord... Vous voulez vous marier avec ma fille ?


Gaston / Qui ça ?

Jojo / Ma fille ! Angélique !


Gaston / Ah ben non. J'bois plus.

Jojo / Il a dû boire beaucoup avant.

Angélique / Papa te demande si tu veux m'épouser et vivre avec moi pour toujours.

Gaston / Oui. J'ai éteint l'abat-jour.

Jojo / Vous... Vous marier… Avec ma fille !

Gaston / Comment ?

Jojo / On va pas vous faire un dessin.

Gaston / Y'a des seins ?

Jojo / D'accord... Vous aimez ma fille ?

Gaston / J'aime bien le poulet.

Jojo / C'est pas du poulet, c'est ma fille !

Angélique / (A Gaston) C’est moi ! Tu me reconnais ?

Jojo / La différence d'âge, ça ne vous gêne pas ?

Gaston / Ah oui docteur. Ca m'fait mal là et un peu dans c'coin là.


Jojo / Vous aimez les jeunes ?

Gaston / Ah oui. J'aime bien quand j'déjeune.

Jojo / (A sa fille) Tu vas continuer à voit ton prof de peinture ?


Angélique / Faut quand même que je décompresse.

Scène 8 : Jojo, Bernadette, Angélique, Gaston

Bernadette revient

Bernadette / T’as raison, les vieux, ça va bien cinq minutes.

Jojo / Pas encore marié, et déjà cocu. (Crié en riant) Hé Gaston ? T'es cocu !

Gaston / Ah si ! J'ai du pq.

Jojo / Ok... Et vous allez habiter où ?

Gaston / J'veux rentrer chez moi !

Jojo / Mais non. C'est ici chez vous.

Gaston / Je veux voir ma maman !

Angélique / Du calme, Gaston !

Gaston / (En trépignant) Je veux.. voir.. .ma.. maman !

Jojo / Faut faire quelque chose.

Bernadette / A mon avis, faudrait mieux le piquer.

Angélique / J'ai trouvé !

Bernadette / Tu vas faire quoi ?


Angélique / J'en ai pour deux minutes.

Angélique sort

Scène 9 : Jojo, Bernadette, Gaston

Bernadette / On va le garder. Et quand on l’aura bien plumé, dehors ! En attendant on va lui trouver un p'tit coin.

Gaston / Qui qu'elle dit ?


Jojo / Elle demande si vous voulez aller au p'tit coin ?

Gaston / Non merci, j'ai pas faim.

Bernadette / Il est pas mal atteint.

Jojo / Pour manger, on lui donnera une assiette de purée, ça devrait suffire. Les vieux c'est très porté sur la purée. (Il rit)

Bernadette / Un de ces jours, je vous ferai goûter du marteau, ce sera moins facile à digérer.

Gaston / (A Jojo) Bisous !

Bernadette / Il est très affectueux.

Jojo / Il ne serait pas un peu... ?

Scène 10 : Jojo, Bernadette, Angélique, Gaston

Angélique entre. Elle paraît être enceinte d'au moins quinze mois.

Angélique / C’est possible

Jojo / (Abasourdi) T'es enceinte ?

Angélique / Mais non ! Je fais semblant.

Bernadette / Sinon, ce s'rait du rapide. J'imagine. Tu couches, le lendemain, tu t’lèves. Hop ! Un mioche dans l'buffet. Ca ferait beaucoup moins de coucheries.

Angélique / Alors Gaston ? Il en dit quoi ?

Gaston / Bébé ?

Angélique / Et oui. Et c'est qui le papa ?

Gaston / Le papa ?

Bernadette / (Avec ironie) Ouais ! C'est qui l'père ?

Gaston / C'est qui ?

Angélique / C'est Gaston. c'est mon petit Gaga.

Jojo / (A Gaston) Alors comme ça on frétille avec ma fille.

Gaston / J'aime bien le poulet.

Jojo / (Crié) Vous avez vu le résultat ?

Gaston /Y’a un match de foot ?


Angélique / Oh non ! (Faisant semblant de pleurer) Gaston ! Mon amour !

Bernadette / Moche ou pas, vous avez pêché !

Gaston / J'aime pas l'poisson.

Jojo / Une jeune fille innocente ! Vous n'avez pas honte ?

Gaston / Je veux rentrer chez moi !

Angélique / Pas avant que je l'ai plumé.

Jojo / En attendant, on va le mettre où ?

Bernadette / Y'a qu'à le mettre dans la chambre du fond.

Gaston / J’veux pas aller dans l’fond !

Jojo / Suivez-moi, je vais vous montrer la suite nuptiale.


Gaston aperçoit les billets.

Gaston / Oh ! Des billets ! Des billets d'la banque !

Bernadette / Il y voit quand même un peu, non ?

Gaston / Chez moi, j'en ai plein comme ça.

Angélique / Ah bon ? Ils sont où ?

Gaston / J'les ai cachés !

Bernadette / C'est bien. On n'est jamais trop prudents. Y'a tellement de voleurs. Et faut surtout pas le dire ! Ils sont cachés où ?

Gaston / Je m'en rappelle plus.

Jojo / Vous avez caché des billets ?

Gaston / Ah oui. Et les miens, c'est pas des faux !

Jojo / Pas des faux ?

Gaston / Ah ben oui. Je m’y connais en pognon.

Jojo / Il n’est pas totalement frappé, il s'est pas gouré.

Bernadette / Alors Gaston, on a mis des sous de côté ?

Gaston / Oui madame. Pour mes vieux jours.

Jojo / (A Gaston) Faut le faire parler !

Angélique / On ne va quand même pas le torturer.


Jojo / On peut pas, c’est interdit.

Gaston / Et mon doudou ? J'ai pas mon doudou !

Bernadette / Il a un doudou ?

Gaston / Mon doudou ! (Trépignant comme un enfant) Je ... veux ... mon doudou !

Bernadette / (Crié) Tu commences à nous les casser !

Gaston / Pourquoi elle crie, la dame ?

Angélique / C'est parce qu'elle est sourde. Allez viens, je vais te chanter une berceuse. (Elle chante) "Maman les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des ailes. Mais non, mon gros bêta..."


Gaston / Je sais pas nager !

Jojo / Faut qu'il parle du pognon.

Angélique / Tu aimes bien les histoires. Alors c'est l'histoire d'un vieux monsieur qui avait trouvé un trésor. Un gros trésor.


On sonne à la porte

Jojo / On a sonné.

Gaston / Mon Doudou !

Bernadette / Ta gueule, pépé !

On sonne à nouveau à la porte

Angélique / Viens mon p'tit Gaston. Je vais bien m'occuper de toi.

Gaston / J'veux une glace ?

Angélique / T'en fais pas. T'en auras. Tout un bol.

Angélique et Gaston sortent

Scène 11 : Bernadette, Jojo, commissaire

Bernadette / On ne peut jamais être tranquille. (Elle va à la porte) C'est pour quoi ?

Voix Commissaire / Je suis bien chez la famille Mouillard ?

Bernadette / Euh... C'est nous.

Jojo / On est occupé !

Voix Commissaire / C'est urgent !

Bernadette / Si c'est pour demander des sous, on n'en a plus !

Voix Commissaire / C’est pas pour des sous, c’est la police.

Bernadette / Merde ! Les flics !

Jojo / On n'a rien fait ! C'est pas nous ! On est innocent !

Voix Commissaire / C'est à cause de votre fils ?


Bernadette / Merde ! Il s’est choper comme faux plombier.


Jojo / Mon fils ? C’est pas mon.. . Il a fait quoi ?

Voix Commissaire / Il avait rendez-vous avec moi. Je suis le commissaire Lacouche.

Jojo / (En aparté) Un commissaire. Je l'savais que cet imbécile nous ferait avoir des ennuis.

Voix Commissaire / Y'a quelqu'un ?

Bernadette / (Crié) On arrive !

Jojo essuie frénétiquement les meubles avec un chiffon

Bernadette / Mais qu'est-ce qu'il fait ?


Jojo / J'efface les empreintes digitales.

Bernadette / Mais qu'il est con. Ca sert à rien, vous êtes chez vous !

Jojo / (Il continue à essuyer les meubles) Il amène les flics chez nous ! On aurait dû l'abandonner dès la naissance. Mince ! Les billets !

Bernadette / On allait oublier.

Jojo et Bernadette enlèvent frénétiquement les billets. Ils en oublient un.

Voix Commissaire / Y'a un problème ?

Bernadette / Non ! Tout va très bien. (Crié) Ca vient !

Voix Commissaire / Vous êtes sûr que ça va ?

Bernadette / Vite. Faut pas qu'il se doute de quelque chose. (Bernadette se recoiffe rapidement puis s'installe à table et se met à tricoter.)

Jojo / Je vous ouvre ! (Il ouvre la porte) Excusez-nous pour l'attente, mais j'étais aux toilettes.

Voix Commissaire / Ca s'est bien passé ?

Bernadette / (Au public, remarquant Jojo) Merde. Il est en curé.

ACTE 3 (Éventuellement en cas d'entracte)

Bernadette est en train de tricoter. Le commissaire entre. Il (Ou elle) en pince pour Jean-Pascal

Scène 1 : Jojo, Commissaire, Bernadette

Commissaire / Je dérange peut-être... ?

Jojo / Ah mais non ! Pas du tout !

Commissaire / (A la Bernadette) Votre épouse je suppose ?

Jojo / C'est ma belle-mère.

Commissaire / Félicitations.

Jojo / J’y suis pour rien.

Bernadette / Moi non plus..


Commissaire / J'ai cru entendre des cris.

Jojo / C'est sûrement les voisins. Dans cet immeuble, on entend tout. Quand quelqu'un demande du sel, tout l'monde pourrait lui en donner.

Commissaire / Bien sûr…Votre fils est là ?

Jojo / Non. Et on ne sait pas à quelle heure il va rentrer.

Commissaire / Ce n'est pas grave, j'ai tout mon temps. Ainsi, nous pourrons faire connaissance.


Jojo / Connaissance ?

Commissaire / Quand quelqu'un veut entrer dans la police, nous faisons toujours une petite enquête. Des fois qu'il y'aurait des gens malhonnêtes…

Bernadette / Oh la la ! Nous en parlez pas !

Jojo / Y'en pas chez nous. Nous on est toujours du côté de la police.

Commissaire / Je n'en doute pas. Vous respirez l'honnêteté. Les délinquants, je les repère aussitôt. Un gamin de six mois, je sais déjà si ça sera un futur délinquant ou un enfant de chœur. Le nez, j’ai tout dans l’nez.

Bernadette / Comme ça, vous n'avez pas besoin de chien policier.

Commissaire / Euh.. Oui.. Y’a vingt ans, j'ai été appelé pour un bébé qui avait volé le doudou à sa sœur.

Jojo / Non ? C'est de pire en pire.

Commissaire / Un bébé de six mois ; sympa ; mais ça veut rien dire.


Jojo / Oh la la !

Commissaire / Et bien je l'ai arrêté la semaine dernière. Et c'était pas pour un vol de doudou. Il avait braqué une banque. J’aurais dû l’arrêter à l’époque mais bon, quand on a ça dans l'sang..

Bernadette / On l'a pas ailleurs.

Commissaire / Ah mais ? Vous êtes curé ? Je... Je ne savais pas. Votre fils ne m'a rien dit ?

Jojo réalise qu'il est habillé en curé

Jojo / Curé ? ... Ah oui ! Ah non ! C'est.. C’est…

Bernadette / C'est parce qu'il va à un thé.

Commissaire / Un thé ? Un thé costume ? Pour boire du thé ?

Jojo / Un thé costumé pour danser.

Commissaire / Ah d’accord ! Et vous y allez tout seul ?

Bernadette / Jamais sans sa belle-mère !

Commissaire / C'est original

Bernadette / Pourquoi ? Ca dérange ?

Commissaire / Pas du tout. Moi-même je vais à des soirées. Avec des jeunes. J'aime bien les jeunes.

Bernadette / Moi aussi.

Commissaire / Et j'apprécie beaucoup Jean-Pascal. Et si je peux l'aider, lui donner un petit coup... de main. Lui mettre.. le pied à l'étrier.

Jojo / C'est gentil

Bernadette / Ca c'est gentil. On dit toujours du mal de la police mais on a tort.

Commissaire / Si je peux mettre un peu d'amour dans ce que je fais, je suis comblé.


Bernadette / L'amour, y'a qu’ça d’vrai ! (Moqueuse) C'est pas vrai, monsieur l'curé ?

Jojo / Euh… Oh oui ma fille.

Bernadette / (Ironique) C’est un curé un peu coincé.

Jojo / Ma belle-mère n'en rate pas une ! Mais on l'aime bien quand même.

Commissaire / Bien sûr. A force on s'attache. C'est tellement rare, une famille qui s'entend bien.

Bernadette / Dommage que je sois un peu sourde.

Commissaire / Vous êtes mal entendante ?

Bernadette / J'entends pas tout. Par contre, pour le reste, ça marche tout seul.

La porte s'ouvre. Jean-Pascal entre.

Scène 2 : Jojo, Commissaire, Bernadette, Jean-Pascal

Jean-Pascal entre. Il est toujours costumé en plombier

Commissaire / Jean-Pascal ?

Jean-Pascal / Monsieur le commissaire ?

Commissaire / Et bien Jean-Pascal, tu as oublié notre petit rendez-vous ?

Jean-Pascal / Euh…C’est parce que j’ai eu une urgence.

Commissaire / Tu es tout pardonné, Jean-Pascal. (Ironique envers Jojo) N’est-ce pas mon père ?

Jojo / (Mal à l’aise) Mon père ? ... Ah oui ! Oui mon fils.

Commissaire / (A Jean-Pascal) Je suppose que tu vas aussi au thé dansant.


Jean-Pascal / Cest quoi ?

Jojo / Ah celui-là, quel comédien ! Tu ne te rappelles pas ? Tu vas au thé costumé. Et tu es déguisé.. En plombier.


Jean-Paul / (Il réfléchit) Ah oui ! Faut m’excuser, mais c’est parce que je m’en veux d’avoir oublié notre rendez-vous.


Commissaire / Ne t’en fais pas Jean-Pascal, nous aurons l’occasion d’avoir bien d’autres rendez-vous…

Bernadette / En plus, il est nul en joints.

Commissaire / En joints ?


Bernadette / En joints de tuyauterie. Il travaillerait dans une centrale nucléaire, on s'rait tous morts.

Commissaire / Un rêveur. On en manque dans la police. ... (Sur un ton tendancieux) En tout cas, il te va bien, ce petit costume. Il ne te serre pas trop ?

Le commissaire s'approche pour vérifier sa tenue

Jean-Pascal / Si. Un petit peu là, et par là aussi.

Commissaire / Faudrait que l'on fasse quelques retouches.

Jojo / C'est sûr qu'il a besoin de retouches.

Commissaire / Vous verrez, on en fera un homme.

Bernadette / Tant que que vous n'en faîtes pas une fille..

Commissaire / L'art du camouflage, ça peut être utile quand on doit infiltrer des réseaux.

Bernadette / Un plombier, ce serait bien pour les réseaux d’eau potable.

Commissaire / Madame ! Les vrais réseaux : La mafia... Les charcutiers...

Jojo / Y'a une mafia des charcutiers ?

Commissaire / Je ne peux rien dire...

Jojo / Ca m’étonne pas des charcutiers. Parce que les saucisses à dix balles ; si ça c'est pas du vol, c’est quoi ?

Commissaire / Sans compter toutes les arnaques.

Jojo / Des arnaques ?

Commissaire / Tous les jours, on a des plaintes. Il semblerait qu'il y en aurait même dans la région...

Jojo / Dans la région ?


Commissaire / On a des témoignages… Des arnaques au téléphone.

Jojo / Au téléphone ?

Commissariat / Les gens commandent beaucoup trop par téléphone. Et y’en a qui en profitent.

Jojo / On vit une époque.

Commissaire / Même au commissariat, on s’est fait avoir.

Jojo / C’est pas possible !

Commissaire / On avait commandé une cafetière ; On n’en jamais vu la couleur.

Jojo / C’est pas nous, on vend pas de cafetière.

Commissaire / Si y’avait que ça, mais en plus, maintenant, on a de la fausse monnaie.

Jojo / C’est pas possible.

Commissaire/ Ils écouleraient la fausse monnaie dans les supermarchés.

Jojo / Dans les supermarchés ?

Commissaire / On surveille mais c’est pas facile. A mon avis, ils doivent se déguiser pour ne pas être reconnus.

Jojo tente de cacher le billet sur le fil

Jojo / On vit un monde…

Commissaire / Si je vous disais ; le soir, au commissariat, on n'ose plus sortir.

Jojo / Non ?

Bernadette / Moi quand je sors la nuit, il ne m'arrive jamais rien.

Jojo / C'est normal.

Bernadette / Heureusement, j'ai tout ce qu'il faut sur moi.

Commissaire / Tout ce qu'il faut ?

Bernadette / Pour casser la gueule à celui qu’essaiera de m’sauter dessus. Parce que moi, quand on m'cherche, on m'trouve !

Jojo / Les vieux, c'est plus c'que c'était.

Bernadette / Mais les abrutis, jeunes ou vieux, c’est toujours des abrutis.

Jean-Pascal / Je fais quoi, commissaire ?

Commissaire / Ah oui ! Je vais juste te poser quelques petites questions.

Jean-Pascal / Des questions ? Sur moi ?

Commissaire / Sur toi… Sur ta famille...

Bernadette / On va y passer aussi ?

Commissaire / J'interroge seulement Jean-Pascal ; sa parole me suffit.

Jojo / Alors là, commissaire, vous ne pouvez pas mieux tomber ! (A Jean-Pascal, sur un ton autoritaire) Il a rien à dire de mal. Hein ? Dis le que t’as rien à dire.

Jean-Pascal / Euh… Mes parents, il sont innocents !

Commissaire / Je n’en doute pas une seconde.

Bernadette / Nous, on a rien à cacher !

Le téléphone sonne. Tous s'arrêtent.

Voix au téléphone / Allô ? Madame Irma ? C'est à propos de ce que vous m'avez prédit l'autre jour. Mon horoscope à deux cents euros. Alors, vous aviez raison. J'ai bien rencontré quelqu'un, mais il m'a m'a vue trop tard. Il m'a rentré dedans avec sa bagnole. Et là, je suis à l'hôpital.

Le répondeur se met en marche.

Vois répondeur / Bonjour. Vous êtes bien chez madame Josépha. Tarot, voyance à distance, votre passé, votre avenir. Nous sommes absents pour le moment mais veuillez laisser un message en indiquant précisément votre nom, votre adresse, ainsi que votre numéro de compte en banque. Nous vous appellerons dès notre retour. Alors bientôt...

Commissaire / Non ! Vous êtes voyante ?

Bernadette / Euh... J'ai un don de double vue, même triple des fois. Je fais ça pour rendre service, mais évidemment, les gens en profitent. Et moi, bonne poire, je fais ça gratuitement ; je prends juste les frais.

Commissaire / J'adore. Mais dîtes-moi, vous ne pourriez pas me dire un peu mon avenir.

Bernadette / Votre avenir ? Vous voulez savoir quoi ?

Commissaire / Je ne sais pas trop… Ce qui m'attend. Par exemple, si je vais avoir des promotions ?

Bernadette / Ok. Donnez-moi vos mains.

Commissaire / (Sur un ton ambigu) Vous allez me mettre les menottes ?

Bernadette lui fait les lignes de la main


Bernadette / Voyons.. Commissaire.. .. Alors… promotions... Et bien dîtes donc...

Commissaire / Y’a un problème ? Je ne vais pas en avoir ? Je vais finir à la circulation ?

Bernadette / Au contraire ! Bientôt tous vos collègues vont vous détester.

Commissariat / Mais pourquoi ?


Bernadette /...

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