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Aristide Tarnagda

ET SI JE LES TUAIS TOUS MADAME ? – LES LARMES DU CIEL D’AOUT


Mes règles
Quoi tes règles ?
Ça fait deux mois que mes règles ont disparu
Ça a commencé comme ça madame
Brusquement comme ça
Comme une pluie d’août
Une pluie d’août qui, comme une gomme, efface les maisons en banco. Les maisons en carton. Le
goudron. Une pluie d’août qui efface tout et nous installe la frousse des moustiques et du palu. Alors qu’il n’y a pas encore
de vaccin contre le palu, contre le palu qui tue des milliers de femmes et d’enfants par jour. Alors que le gouvernement ne
nous parle que d’émergence, que de développement, que de croissance positive, que de nouveaux sites d’or découverts,
que des voyages du président chez ses homologues… août nous pond des moustiques et les Chinois viennent nous vendre des
téléphones. Des motos. Des ponts. Des stades pour jouer au ballon sous le soleil calcinant d’août et expulser le palu par nos
pores.

Et si je les tuais tous madame ?

Un carrefour. Une dame dans sa voiture attend le feu vert. Un homme surgit qui l’interpelle. Le flot de ses paroles est d’une telle puissance qu’il dilate le temps : déferlent alors hors de lui comme un torrentiel orage du mois d’août des mots dont la
violence est à la hauteur des violences de sa vie.

Les larmes du ciel d’août

Un carrefour. Est-ce le même ? Une femme démunie refuse avec véhémence l’offre d’une dame riche qui l’invite à monter dans sa voiture. Elle dit qu’elle attend son homme. Elle dit qu’elle a renoncé à tout. Et qu’elle n’est pas seule à patienter. L’enfant qu’elle porte, lui aussi n’en peut plus d’attendre.

Édition :
Collection :
Reliure : Broché
Nb de pages : 51
Format (cm) :
Date de parution : 20 novembre 2013
EAN : 9782872829576

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