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Patric Saucier

LE BOXEUR


Québec : Je suis né d’une souche d’hommes forts, sur un bout de branche mêlée par ses racines. Un bourgeon anonyme, un pareil au même que des centaines de boutures de la même lignée. Mais j’ai donné une feuille qui faisait plus d’ombrage. Je ne saurai jamais pourquoi toutes les feuilles d’un même arbre réussissent aussi peu à se ressembler. Chose certaine, c’est toujours sur les plus grosses qu’on tire en premier. Donc, plus tu es gros, plus tu es parfait comme cible.

Mère : Quand je les ai entendus scander ton nouveau nom, je t’ai revu la première fois que tu es revenu de l’école avec des bleus sur les bras. Tu m’avais dit que tu t’étais juste défendu, que tu ne t’étais pas battu. On s’était serrés et j’avais envie de te dire : « Tu sais mon grand, dans la vie, des fois, pour mieux te défendre, il faut que tu frappes toi aussi… Ne fais plus juste que recevoir les coups, donnes-en toi aussi… » Mais je ne te l’ai pas dit. J’avais peur de je ne sais plus quoi… et je ne te l’ai pas dit. Puis, la semaine d’après, ça a recommencé. Je ne suis pas plus d’accord aujourd’hui pour que tu te battes ; mais si c’est ce que tu as décidé de faire… frappe-les ! Ne les laisse plus te faire mal. Plus jamais.

Paris sous la pluie. Un homme grand et gros marche dans la nuit à la recherche de son hôtel. Grave erreur : il demande sa route à une jeune Parisienne. Un regard de mépris, une seule seconde, et tout bascule. Il s’en faut de peu pour qu’il la tue à coups de poings. Mais une dernière parcelle d’humanité, resurgie à temps, vient éteindre les feux de la rage qui, en quelques instants, ont ravagé deux vies.

Québec n’a jamais rêvé d’être boxeur mais ses racines se montrent plus fortes que son désir d’y échapper. Boxeur non… mais a-t-on vraiment le choix des armes quand on se retrouve en cellule, prisonnier de son corps ? Comment échapper au regard des autres et oublier un frère noyé, une mère en pleurs, et un père « tellement Alzheimer qu’il oublie même qu’il est mort » ?

Alors commence l’ultime combat. Dix rounds dramatiques où la folie des coups répond à la fureur des mots : humilier pour ne pas être humilié, frapper pour ne pas être frappé, détruire pour ne pas être détruit… Car « c’est quand un gars a l’impression d’avoir tout perdu qu’il est le plus dangereux. Justement parce qu’il n’a plus rien à perdre. »

Édition :
Collection :
Reliure : Broché
Nb de pages : 45
Format (cm) :
Date de parution : 20 mai 2009
EAN : 9782872827008

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