Une femme d'engagement
George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant est une figure majeure de la littérature française du XIXe siècle. Elle choisit ce nom masculin pour contourner les préjugés de l'époque et publie ses œuvres habillée en homme, ce qui lui permet une plus grande liberté de mouvement et d'accès aux espaces publics. Célèbre du jour au lendemain, à 28 ans, après la parution d’Indiana, George Sand prend rapidement une place prépondérante dans la vie artistique de son temps, et fréquente tout ce que le Romantisme compte d’artistes Même sa vie sentimentale libre et quelque peu agitée s’inscrit dans l’exaltation et le bouillonnement de cette génération en pleine évolution, comme dans sa quête de liberté et sa volonté de donner aux femmes et aux hommes les mêmes droits, les mêmes actions, parfois jusque dans les excès.
Ses prises de position féministes s’expriment surtout dans la revendication de la reconnaissance d’une intelligence et de capacités égales à celles des hommes, d’un droit à l’éducation, à la liberté personnelle(mariage volontaire et droit au divorce) ; la présence et l’implication des femmes dans la politique lui paraissent en revanche impossibles parce que prématurées, à cause des mentalités de son temps et du manque de formation des femmes.
Une écrivaine de premier plan
George Sand doit être reconnue comme un écrivain majeur du Romantisme, à l’égal de Hugo, Balzac ou Dumas. Sand a accrédité elle-même l’idée qu’elle écrivait sans plan et sans recherche, mais elle reste en fait très attentive à la qualité de son écriture, à son adéquation avec les personnages et les situations qu’elle décrit, et ses contemporains ont toujours vanté la fluidité et la pureté de son style. Mais c’est surtout au niveau des schémas narratifs qu’elle fait réellement œuvre de recherche. Elle ne s’est pas limitée au roman et a écrit des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre, des essais, des mémoires.
Sa passion du théâtre
George Sand a eu toute sa vie la passion du théâtre. Enfant, elle arrangeait des pièces pour les représenter avec ses petites camarades. Elle eut des sympathies attendries et comme pieuses pour le grand acteur et directeur Bocage, qui paraît et reparaît, sous différents noms, dans plusieurs de ses romans. Plus tard, jusqu’à son extrême vieillesse et jusqu’à sa mort, elle eut un théâtre chez elle, en son château, comme Voltaire, avec cette différence que c’était un théâtre de marionnettes. Cela lui permettait d’être auteur, directeur, et de jouer plusieurs rôles dans chaque pièce. C’était son rêve éternel réalisé en miniature.
Elle fût excellemment douée pour le théâtre, ayant toujours eu la sainte horreur du plan, du dessin, du tracé, et aimant à la folie aller tout droit devant elle sans savoir précisément où elle allait. Elle avait parfaitement l’imagination dramatique, le goût des incidents éclatant tout à coup d’une façon suffisamment logique, et puis le souffle oratoire, la grande éloquence, qui est, dans un certain genre de pièces, une qualité très dramatique.