L’engagement littéraire
Sous le pseudonyme d’Olympe de Gouges, elle publie de nombreuses pièces, dont Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage (1785), qui prend parti contre l’esclavage et que le Théâtre-français refuse tout d’abord de jouer. Mis sur scène quatre ans plus tard sous le titre L’Esclavage des nègres, la pièce crée un scandale et les représentations s’arrêtent au bout de trois jours. Olympe de Gouges publie également deux romans, Mémoire de Madame de Valmont(1788) et Le Prince philosophe (1792).
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Avant la Révolution, Olympe de Gouges n’a pas caché des vues ouvertement abolitionnistes et féministes. Les événements révolutionnaires lui offrent l’occasion de participer plus activement encore au débat d’idées. Pamphlétaire redoutable, elle publie à son compte un très grand nombre de brochures et « placards ». En septembre 1791, elle fait paraître la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qui rappelle que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Proposée pour être débattue à l'Assemblée nationale, elle est alors tirée à cinq exemplaires.
Conçu en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le texte est adressé à Marie-Antoinette à l'heure même où la Constitution est présentée à Louis XVI. Il compte dix-sept articles suivis d’une proposition pour un nouveau contrat social entre les hommes et les femmes. Olympe de Gouges y conteste le caractère universaliste de la Déclaration de 1789 et dénonce l'exclusion des femmes de la représentation nationale ; elle réclame pour elles la citoyenneté et les droits qui en découlent. « La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune », affirme l’article 10.