Un parcours éclectique
Durringer incarne l'artiste pluridisciplinaire par excellence. Il navigue avec aisance entre le théâtre, le cinéma et la télévision. Cette polyvalence nourrit une écriture théâtrale qui emprunte volontiers aux codes cinématographiques : rythme soutenu, dialogues percutants, construction en séquences courtes. En 1989, il fonde sa propre compagnie, La Lézarde, au sein de laquelle il écrit et met en scène ses propres textes et travaille avec des comédiens comme Vincent Cassel, Clovis Cornillac, Pascal Demolon, Gérald Laroche, Édouard Montoute ou Éric Savin. Ses pièces connaissent rapidement un grand succès.
Une écriture de l'urgence et du politique
L'œuvre dramatique de Xavier Durringer se caractérise par une urgence palpable et un ancrage dans les problématiques contemporaines. Ses pièces les plus célèbres explorent les zones grises de la psyché humaine, la brutalité ordinaire et les non-dits familiaux. Il puise son inspiration dans les mots de la rue, les errances individuelles, la world culture. Il fait merveille dans les monologues et courts dialogues, chroniques de personnages en marge (jeunes, chômeurs, immigrés), histoires d’amour compliquées ou portraits de femmes et d’hommes dans leur fragilité.
Son théâtre politique interroge frontalement les structures de pouvoir, comme dans Les Déplacés, où il démonte les mécanismes de l'exclusion sociale et de l'immigration. Xavier Durringer refuse le théâtre contemplatif : il cherche à provoquer, déranger, réveiller les consciences.
Un style reconnaissable
L'écriture de Xavier Durringer se reconnaît à plusieurs traits distinctifs :
- Une langue crue, parfois brutale, qui n'édulcore jamais la violence sociale
- Des personnages en tension permanente, souvent au bord de la rupture
- Une construction dramatique nerveuse, privilégiant les scènes courtes et rythmées
- Un réalisme sans fard qui n'hésite pas à montrer la laideur du monde
L'héritage et l'influence
Xavier Durringer s'inscrit dans la lignée du théâtre politique français, héritier d'Armand Gatti ou de Bernard-Marie Koltès. Il partage avec ce dernier le goût des marges, des exclus, et une poésie de la violence urbaine. Son œuvre témoigne d'un théâtre qui refuse de se détourner du réel et affirme sa dimension citoyenne.